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Alicia Dujovne Ortiz





 
Alicia DUJOVNE ORTIZ
(Buenos Aires, 1939 — ). Journaliste (La Opinion), poétesse, critique littéraire, traductrice et romancière, elle a aussi publié des documents, des portraits de villes et des livres pour enfants. Fixée à Paris depuis 1977. La Bonne Pauline (1977) est le récit de la vie quotidienne d'une femme simple « héroïne à mi-chemin d'Alice et de Zazie qui à la cuisse aussi légère que l'âme, et que sa profession de repasseuse rêveuse, spécialisée dans l'amidonnage des cauchemars, met à l'abri du chômage. » (Angelo Rinaldi). Mon arbre, mon amant (1980) « poursuit cette prose baroque et sensuelle et nous emmène dans un univers où quotidien et onirisme s'entremêlent. » (Françoise Campo-Timal). Avec L'Arbre de la gitane (1991), elle écrit le roman de ses origines, « le conte des mille et une nuits des juifs, des Espagnols, des Italiens qui ont jadis abordé en Argentine ».
 

Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Dimanche 24/06/2012 • 0 commentaires  • Lu 1385 fois • Version imprimable

Chronique des ordures

Chronique des ordures [Broché]
Alicia Dujovne Ortiz (Auteur) 





 
Broché
Editeur : Tango Bar (10 octobre 2011)


Plongée dans le monde des cartoneros de Buenos Aires, ces hommes et ces femmes qui fouillent dans les poubelles et dans les montagnes d'ordures aux portes de la ville.
C'est à la fois une enquête journalistique pour dénoncer le crime des policiers qui ont tué gratuitement un enfant, et un plaidoyer pour de nouvelles formes d'économies qui redonnent dignité à des centaines de millions d'habitants dans les bidonvilles du monde entier.
 

Il avait quinze ans, il venait d’arriver de sa province natale, Formosa, pour vivre chez sa sœur dans un bidonville aux alentours de Buenos Aires. Hormis le fait de s’appeler Diego, comme Diego Maradona, et Duarte, comme Eva Duarte de Peron, rien ne le destinait à devenir un symbole pour le peuple des cartoneros, ces hommes et ces femmes qui fouillent dans les poubelles de la ville, ou dans la montagne d’ordures de la localité de José Léon Suarez où cette histoire se déroule.

Ce soir de 2004, il est monté sur la montagne pestilentielle juste derrière sa cabane, avec Federico, son frère jumeau, même s’ils savaient que le Ceamse - l’entreprise qui gère les déchets - interdit d’aller fouiller pendant la nuit : Federico avait besoin de baskets pour l’école, alors ils se sont risqués.

Deux policiers étaient là. Aveuglés par les réflecteurs, les deux garçons se sont dissimulés sous des cartons, à quelque mètres l’un de l’autre. De sa cachette, Federico a pu voir l’un des policiers s’approcher, dénicher l’endroit où se cachait son frère et ordonner au conducteur de déverser sa benne : Diego s’est retrouvé enseveli sous plusieurs tonnes d’ordures.



En Argentine, cette histoire n’a pas fait la une des journaux. Alicia Dujovne Ortiz en a eu connaissance par des « leaders » cartoneros, dirigeants spontanés qui aident à organiser les coopératives de ramassage dont le travail consiste à trier des cartons et surtout des bouteilles en plastique. Ces ouvriers d’un nouveau genre ont appris à les moudre pour vendre la poudre à des entreprises de haute technologie. L’un de ces organisateurs étonnamment lucides, Lalo Paret, « cartonero depuis trois générations » comme il se définit lui-même, a guidé l’auteur de cette chronique dans des lieux rarement visités par le journalisme. Aujourd’hui familier des Pôles Sociaux qui réunissent des cartoneros argentins ou brésiliens, mais aussi indiens ou égyptiens, il est par ailleurs conseiller dans une quarantaine d’usines récupérées qui, suite à l’abandon de leurs propriétaires, ont adopté le principe de l’autogestion. Comme plus de 800 millions d’habitants des bidonvilles du monde entier, ils sont en train de créer, face au chômage, un nouvel ordre économique.

Cette initiation comprend une visite à la décharge clandestine de Campana, extension ouverte comme une plaie au beau milieu de la pampa, où des dizaines d’hommes presque nus, brûlés par le soleil, attendent les camions qui viennent vider sur place leur précieux contenu, pour entasser ensuite leur butin sous des tentes faites de haillons.

Elle passe également par une ascension à la décharge « légale », cette célèbre montagne où chaque jour, de 17 à 18 heures, 1 500 cartoneros s’arrachent les sacs poubelle que d’autres camions viennent de jeter, surveillés par la Bonaerense, une police qui a hérité la violence et le sadisme du temps de la dictature. Ainsi, le cas de Diego n’est unique que par l’atrocité de sa mort, mais il ne manque pas d’histoires d’enfants obligés par des policiers à « prendre un bain » dans les piscines remplies du jus des ordures.

Ce périple passe surtout la rencontre avec deux fortes femmes, Lorena et Alicia, cette dernière étant la sœur de Diego. Dans leurs bidonvilles bâtis sur des décharges abandonnées, elles développent des actions solidaires, se mettent à la tête des piquets de grève qui coupent les routes, et créent des centres culturels avec ateliers de théâtre, de peinture ou de poésie.



Le véritable combat d’Alicia Duarte est pourtant ailleurs : elle se bat pour que justice soit faite, même si le procès est bouclé depuis longtemps. Reproduit dans cette chronique, il montre le peu de poids que pèse le témoignage de deux petits basanés face à la puissance policière et surtout à celle de l’entreprise qui, liée au pouvoir politique, détient le gigantesque marché des ordures.

Le point de vue choisi par l’auteur est celui de l’étonnement. Vivant en France depuis des années, élevée dans une Argentine disparue qui se croyait vouée à un tout autre destin, Alicia Dujovne Ortiz interroge des cartoneros, mais aussi des chercheurs et des avocats devenus des experts en « ordurologie » - une spécialité qui cache bien des mystères. Elle s’insurge contre la cécité d’une classe moyenne qui ne veut pas voir le cartonero penché sur sa poubelle devant sa propre porte. Elle nous montre comment une révolte positive et une imagination pratique sont sources de vie. Et comment la crise argentine de 2001 a servi de laboratoire pour d’autres crises mondiales présentes et à venir.

source: http://www.tango-bar-editions.com/main/index.php?option=com_content&view=article&id=115%3Aqui-a-tue-diego-duarte-resume&catid=37&Itemid=59
 

Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mardi 11/10/2011 • 0 commentaires  • Lu 819 fois • Version imprimable

Tangage argentin

Tangage argentin
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Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 554 fois • Version imprimable

L'Etoile rouge et le poète

L'Etoile rouge et le poète
Alicia DUJOVNE ORTIZ
Traduit de l'espagnol par Claude de Frayssinet







Editions Metailié



En 1947, à Paris, un jeune poète uruguayen se laisse séduire par une femme entreprenante, l’épouse et la ramène à Montevideo. Elle se nomme Africa de las Heras, elle a fait la guerre d’Espagne à la tête de miliciens. Elle est chargée par le KGB de monter un réseau pour introduire des espions soviétiques aux USA. Qui pourrait soupçonner l’épouse espagnole d’un poète anticommuniste déclaré ?
A Montevideo, Africa est une couturière à la mode qui cache son poste émetteur radio au milieu des machines à coudre, l’antenne parmi les cordes à linge. Pendant la guerre, la capitaine des milices a été parachutée sur les lignes allemandes, elle a aussi été secrétaire de Trotski et fiancée de son assassin. Depuis son bureau moscovite son officier traitant la manipule au gré des besoins de la Cause et écrit un roman délirant entre un poète fasciné par le pouvoir des objets et une femme extraordinaire, émouvante, impitoyable.
Cette rencontre improbable entre deux êtres incompatibles nous raconte aussi le régime stalinien, le contrôle absolu et le soupçon permanent. Avec la complicité d’une réalité plus folle que toutes les fictions, mêlant documentation rigoureuse et sens de l’humour, Alicia Dujovne-Ortiz construit un roman passionnant.






Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 518 fois • Version imprimable

extrait de "L'Etoile rouge et le poète"

Trois messieurs uruguayens fort respectables discutent sur une place de Montevideo. Le premier qui vient de flairer subti­le­ment la réalité a un nez d’une extrême finesse, le deuxième arrondit les lèvres en s’efforçant de faire ressortir le f d’un prénom – qui se coince parfois –, tout en imprimant à ses paroles, en bon francophile, les sons aigus requis pour énoncer un raisonnement logique, et le troisième, qui a les yeux bleus, sourit comme s’il avait passé sa vie entière pieds nus sur une plage. Ce sont trois messieurs d’un certain âge, bien habillés, bien nourris, fort instruits, aimables, et maintenant perplexes. Nous sommes en 1994. Ils discutent depuis des heures et ils savent pertinemment qu’ils continueront de le faire jusqu’à la fin.
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Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 517 fois • Version imprimable

à propos de "L’Etoile rouge et le poète"

Le 05/08/09
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Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 607 fois • Version imprimable

Eva Perón (la madonne des sans-chemise)

Eva Perón (la madonne des sans-chemise)
de Alicia Dujovne Ortiz (Auteur) 









 
Editeur : Grasset (8 janvier 1997)

Eva Peron est née en 1919 dans un bled de la Pampa, enfant illégitime, comme ses deux soeurs et son frère, de don Juan Duarte, riche propriétaire terrien. A quinze ans elle part pour Buenos Aires, voulant réaliser son rêve : être actrice. Comédienne médiocre au théâtre et au cinéma, elle deviendra une star des feuilletons radiophoniques, si prisés à l'époque en Argentine. C'est alors qu'elle rencontre Peron, se consacrant totalement à lui, se mettant au service de son ascension politique. Ignare, maniaque de son image, grandiose aussi, monstre pour certains et sainte pour d'autres, elle meurt en 1952 à trente-trois ans, pleurée par des foules entières de déshérités.
Peu de femmes en notre siècle auront suscité une légende aussi durable et aussi discutée qu'Eva Peron. Pour les uns, Eva Duarte, épouse du chef d'Etat argentin Juan Peron, fut une aventurière, peut-être comédienne, plus sûrement courtisane.Un personnage préfabriqué suivant les recettes du plus mauvais cinéma, un mannequin de propagande cyniquement utilisé par un régime dictatorial. Oui, répondent d'autres, mais Evita fut acclamée, adorée, presque divinisée de son vivant par les pauvres de l' Argentine. Son rayonnement, sa charité, sa popularité furent bien réels.
 

Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 559 fois • Version imprimable

à propos de "Eva Peron"

Critique de lemonde
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Par larouge • Dujovne Ortiz Alicia • Mercredi 24/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 675 fois • Version imprimable

Anita

Anita
de Alicia Dujovne Ortiz (Auteur), Nelly Lhermillier (Traduction)




 
Broché: 318 pages
Editeur : Grasset & Fasquelle (9 mars 2005)

1839, le jeune José Garibaldi est en Amérique du Sud, condamné à mort en Italie pour avoir participé à la révolution de Mazzini. Au Brésil, il s'engage dans une autre révolution, celle des " farrapos ", les pouilleux. Marin, il devient corsaire. Lorsqu'il rentre victorieux dans la ville de Laguna, il prend sa longue-vue pour observer une femme qui se tient à la fenêtre d'une cabane de pêcheurs. Elle est jeune, robuste et brune. Il descend de son bateau et va vers elle... Anita le suivra dans des batailles navales, à cheval dans la sierra aux abîmes vertigineux, risquera sa vie pour lui et pour la cause, femme de guerre plus à l'aise dans les actions héroïques que dans son rôle d'épouse et de mère. Elle mourra sur la côte adriatique, dix ans plus tard, fuyant le siège de Rome. Un de ses bras s'élèvera du sable où elle fut ensevelie à la hâte, comme si l'amazone voulait encore remonter sur selle. Garibaldi, inconsolable, racontera l'histoire à une autre héroïne : Manuela Saenz, qui fut la compagne de Bolivar. Le nom d'Anita est resté lui aussi enseveli, comme un vague souvenir à côté de la légende immense du condottiere à la chemise rouge qui unifia l'Italie. Ce roman historique écrit avec brio inverse le point de vue : il raconte l'amour et l'aventure, à travers le regard aimant et critique d'une métisse du Sud, porté sur un Européen courageux et rêveur.
 

à propos de "Anita"

à propos de
 



 
Il existe peut-être une vie plus aventureuse encore que celle de Garibaldi... celle de sa compagne, bientôt son épouse, cette mulâtresse indomptable, Anita, qu'il aperçut un jour par sa longue vue sur une plage brésilienne, en 1840. Anita, négligeant un premier mari, n'allait plus le quitter, chevauchant, combattant et naviguant avec lui, lui donnant plusieurs enfants,... Une vie comme un roman ? Eh bien, justement, Alicia Dujovne Ortiz en a fait un roman qui sent le cuir, la sueur, l'odeur de la poudre...
Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 14 avril 2005





... la romancière argentine Alicia Dujovne Ortiz s'est amusée à mélanger les genres en écrivant un roman biographique consacré à Anita Garibaldi,... Alicia Dujovne Ortiz a mené l'enquête sur cette femme qui combattit aux Amériques au nom de la liberté. Mais derrière ce brillant roman d'aventures s'insinue cette interrogation qui hantait déjà ses précédentes biographies : quelle place les femmes d'hommes célèbres occupent-elles dans la société, la postérité ?
Michèle Gazier - Télérama du 15 juin 2005
 

extrait de "Anita"

I
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Argentine : Visions de nature et d'histoire

Argentine : Visions de nature et d'histoire
Argentine : Visions de nature et d'histoire
de Etienne Dehau (Auteur), Alicia Dujovne Ortiz (Auteur)






 
Relié: 246 pages
Editeur : Hermé (17 novembre 2004)
Collection : Vision

Un pays de nature. Des chutes multicolores d'Iguaçu aux grands espaces arides de la Patagonie, la nature exubérante inonde la Terre de Feu de ses vertiges verticaux et horizontaux. Buenos Aires et le tango. En véritable foyer européen, Buenos Aires se dresse comme une capitale d'art et d'histoire. Son âme se reflète à travers une danse mélancolique et sensuelle, dont elle fut la résidence, le tango. Architecture et arts coloniaux. Le baroque latino-américain, né de la rencontre du style épuré des Indiens et de l'exaltation de l'abondance occidentale, fleurit les vestiges architecturaux aussi bien Iniques que religieux. Le nord-ouest indien. Terre aux racines Incas, les provinces de Salta et de Jujuy sont le nid d'un syncrétisme célébrant autant les divinités païennes que les saints d'obédience catholique. Les gauchos. Parfois métis ou simples fils d'immigrés européens, les gauchos font de la pampa leur univers à partir du XVIIIe siècle. Chevauchant les grands espaces, ils vivent des cultures implantées par leurs ancêtres.


 

Dora Maar : Prisonnière du regard

Dora Maar : Prisonnière du regard
de Alicia Dujovne Ortiz (Auteur), Alex Lhermillier (Traduction), Nelly Lhermillier (Traduction)






 
Poche: 414 pages
Editeur : LGF (19 octobre 2005)
Collection : Le livre de poche

Dora Maar, Henriette Théodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d'un père croate, architecte, et d'une mère française, catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle revient à vingt ans dans sa ville natale et s'y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l'art de l'entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra " la femme qui pleure ", amante de Picasso livrée aux exigences du génie, que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu'à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé puisque Dora choisit de tout léguer à l'Eglise. De Cocteau à Lacan, c'est toute une époque que dépeint Alicia Dujovne Ortiz. Au détour d'une enquête psychologique passionnante, elle fait défiler dans ces pages une pléiade d'artistes d'avant-garde et de grands esprits, et dresse le portrait d'une femme-image toujours mystérieuse, à laquelle la critique contemporaine attribue enfin le rôle qui lui revient.



 

Todas las lágrimas de Dora Maar

 

Todas las lágrimas de Dora Maar





Pintora, fotógrafa, poeta, argentina, la amante de Picasso prestó sus ojos a su cuadro más famoso, el Guernica.

En el cuadro del Guernica aparecen cuatro mujeres entre los escombros del bombardeo, todas con la boca abierta por un grito de terror, las cuatro mujeres son la misma, Dora Maar, la amante de Picasso en aquel tiempo. Hay un detalle añadido: los ojos del toro erguido en el ángulo izquierdo también son los de Dora Maar, que en la realidad eran de un azul pálido y algún psicoanalista lacaniano sabrá explicar el significado de un toro con ojos de mujer, que a su vez son idénticos a los del guerrero, cuyo cuerpo se halla destrozado en la base del cuadro.

Picasso conoció a Dora Maar a principios de 1936. Su encuentro se ha convertido ya en una fábula excelsa de sadomasoquismo. Estaba el pintor una noche en el café Deux Magots de París con el poeta Paul Éluard y vio que en la mesa vecina una joven parecía entretenerse dejando caer la punta de una navaja entre los dedos separados de su mano enguantada, abierta sobre el mármol del velador. No siempre acertaba, puesto que el guante estaba manchado de sangre. El pintor se dirigió a ella en francés y la joven le contestó en un español gutural, la voz un poco ronca, temblorosa, con acento argentino. Después de una excitada conversación el pintor le pidió la prenda ensangrentada como recuerdo y ella le dio a Picasso no sólo el guante sino la mano y el resto del cuerpo, sin excluir su alma atormentada, no en ese momento, puesto que Picasso, presintiendo la tempestad amorosa que se avecinaba, echó tierra por medio y se fue a la Costa Azul, pero allí en casa de unos amigos comunes se volvió a encontrar con la mujer ese verano y ya no tuvo escapatoria. Bajo el esplendor mórbido del sol de Mougins, filtrado por los sombrajos de cañizo, sus cuerpos comenzaron a cabalgar en busca de la violenta alma contraria.

Dora Maar no era una neófita en esta batalla con los hombres. Venía de los brazos de Georges Bataille, rey de la transgresión erótica, con quien había experimentado todos los sortilegios de la carne. Según su teoría los burdeles deberían ser las verdaderas iglesias de París. Bataille, junto con Breton, lideraba el grupo surrealista de izquierdas Contre-Attaque, que se reunía en un ático muy amplio de la Rue des Grands Agustins, 7, y se había hecho famoso por el libro Historia de un ojo, una mezcla de pornografía y lirismo con aditivos de violencia, autodestrucción y ceguera: el ojo -huevo que se introduce en la vagina-. En ese mundo se movía Dora Maar, exótica, bella y radical, siempre coronada con sombreros extravagantes.

Dora Maar era pintora, fotógrafa y poeta, hija de madre francesa y de un arquitecto croata, instalado en París, que encontró trabajo durante algunos años en Argentina. Con ella atravesó Picasso los años de la Guerra Civil española y la ocupación nazi de París, desde 1936 a 1943, un tiempo en que el pintor vivía en medio de un vaivén de mujeres superpuestas. Su esposa Olga había sido suplantada por la dulce y paciente Marie Thérèse Walter, de la que le había nacido su hija Maya, y ese oleaje le había traído, como el madero de un naufragio, a Dora Maar, que tuvo que desplegar todas las artes para agarrar y no soltar los testículos de aquel toro español del Guernica, que según algunos críticos es el autorretrato del pintor.

A inicios del año 1937 el Gobierno de la República española le encargó un mural a Picasso para la Exposición Internacional de París, que iba a inaugurarse en el mes de mayo. El contrato lo formalizó el cartelista Josep Renau, director general de Bellas Artes, en un bistró de la Rue de Bôetie, sobre una servilleta de papel y después se fue a jugar al futbolín con Tristán Tzara. La tragedia española estaba en su apogeo. Picasso sólo quiso cobrar los materiales, el lienzo y las pinturas, que, por cierto, fueron de una evidente mala calidad, como demuestra el deterioro en que se encuentra la obra. Dora Maar conocía el ático de la Rue des Grans Agustins, donde había celebrado diversas ceremonias demoniaco-surrealistas. Se lo mostró a Picasso para que lo alquilara. El local era famoso porque Balzac había situado allí la novela La Obra Maestra Desconocida, que trata de la obsesión de un pintor por representar lo absoluto en un cuadro. Dora Maar pensó que en el local había espacio suficiente para trabajar en un cuadro de gran tamaño. Y en ese ático comenzó Picasso una doble lucha. Durante los primeros meses no se le ocurría nada. Comenzó a realizar bocetos en torno a una especie de tauromaquia en medio de la convulsión de los desastres de una guerra, mientras Dora Maar iba levantando acta con la cámara de los esfuerzos y arrepentimientos del artista. En unos bocetos el caballo relinchaba abajo, en otros el toro mugía de otro lado. Dora Maar era a la vez testigo y protagonista, puesto que su rostro de frente ovalada y grandes ojos como lágrimas se repetía en todos los intentos en distintas figuras femeninas. Picasso incluso dejó que su amante pintara algunas rayas.

Mientras el Guernica tomaba la forma definitiva, alrededor del lienzo se había establecido otra suerte de bombardeo, que causó una catástrofe amorosa. En el ático entró un día la dulce y paciente Marie Thérèse Walter y se enzarzó a gritos con Dora Maar. Con insultos que se oían desde la calle, le echó en cara el haberle robado a su amante, al que ella había dado una hija. A esta escena violenta de celos se unió Olga, la compañera legal, y mientras las tres mujeres gritaban, Picasso seguía alegremente pintando el Guernica, muy divertido. Esta reyerta explosiva se hizo famosa en el Barrio Latino.

El día 26 de abril de 1937, cuando el cuadro ya estaba casi terminado, sucedió el espantoso bombardeo de Guernica por la Legión Cóndor. En homenaje a esa villa bilbaína, donde se conservaban los símbolos de un pueblo vasco, Picasso tituló el cuadro con su nombre. A partir de ese momento el Guernica se convirtió en un cartel universal contra la barbarie.

La batalla la había ganado Dora Maar. Ese mismo verano de 1937 se les ve muy felices en las playas de Antibes en compañía de otros seres maravillosos, desnudos en sillones y hamacas, Nush y su marido Éluard, Man Ray y su novia Ady, bailarina de Martinica, Lee Miller y Rolland Penrose, Jacqueline Lamba y André Bréton. Jugaban a intercambiarse los nombres y las parejas a la hora de la siesta y el más vanguardista en el sexo también era Picasso, que, según contaba Marie Térèse, solía practicar la coprofagia con sumo arte.

Picasso ejerció sobre Dora Maar otra suerte de sortilegio a la manera de su antiguo amante Georges Bataille. La convirtió en La Mujer Que Llora: así aparece, erizada por el llanto en casi todos los cuadros en que ella le sirvió de modelo. Hasta su separación sumamente traumática Dora Maar fue la Dolorosa traspasada por siete navajas, que eran todas la misma que ella usaba el día en que se conocieron en el café Deux Magots, un símbolo del dolor de la guerra y del placer de la carne.

"Después de Picasso, sólo Dios", exclamó Dora Maar ante Lacan, el psicoanalista que la ayudó soportar el abandono del pintor. La mujer entró en una fase mística, se retiró del mundo, se encerró en su apartamento de París y sobrevivió un cuarto de siglo al propio artista. Murió en 1997, a los 90 años. En el Guernica sus ojos en forma de lágrimas se repiten en el toro, en el guerrero, en la madre que grita de terror con un niño muerto en los brazos, en la mujer que huye desnuda bajo las bombas, tal vez, desde un lavabo con un papel en la mano y en la que saca una lámpara por la ventana e ilumina todas las tragedias de la historia.

Manuel Vicent

Diario "El País" España

 

fuente: www.boletinargentino.com/index.php

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