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Humberto Constantini



Humberto Costantini (1926-1987) Auteur d'une œuvre encore peu traduite en français, Costantini est issu d'une famille de juifs Italiens. Ce militant argentin eut à défendre sa propre culture contre les extrémistes anti-sémites actifs sous la dictature Peron-Videla (1973-1983), ce qui lui valut l'exil au Mexique où il écrivit une partie de son œuvre. De cette expérience
témoignent quelques récits.
(Buenos Aires, 1924 — 1990). Exil au Mexique de 1974 à 1984. Écrivain-phare de sa génération, il publié des poèmes (Cuestiones con la vida, 1966 ; Más cuestiones con la vida, 1974), une demi-douzaine de recueils de nouvelles (De por aquí no más, 1958 ; Un señor alto, rubio, de bigotes, 1963 ; Una vieja historia de caminantes, 1966, etc.) et deux romans extrêmement originaux.ANTHOLOGIES / REVUES : Poèmes dans Poésie argentine du XXe siècle, Patiño, 1996.— Dieux, petits hommes et policiers (De dioses, hombrecitos y policías, 1979), roman, traduit de l'espagnol par Jean-Jacques Fleury, préface d’Alicia Dujovne Ortiz. [Paris], Éditions L’Harmattan, « L’Autre Amérique », 1993, VI-224 p., 21.34 €.— La Longue nuit de Francisco Sanctis (La larga noche de Francisco Sanctis, 1984), roman, traduit de l'espagnol par Jean-Jacques Fleury. [Paris], Éditions Autrement, « Littératures », à paraître.— Petits hommes perdus, nouvelles, extraites des recueils Háblenme de Funes (1980) et En la noche (1985), traduit de l'espagnol par Jean-Jacques Fleury, postface d’Alicia Dujovne Ortiz. [Paris], Éditions Autrement, « Littératures », 1997, 192 p., 13.95 €.FILMOGRAPHIE : Funes, un gran amor (1993), film de Rául de la Torre, d’après Háblenme de Funes, avec Graciela Borges, Gian Maria Volonté, Andrea del Boca.
bibliographie en espagnol (argentine):
De por aquí nomás (nouvelles) edité: 1958/1965/1969
Un señor alto, rubio de bigotes (nouvelles) edité: 1963/1969/1972 Tres monólogos (Theatre) publié: 1964/1969 Cuestiones con la vida (Poesie) edité: 1966/1970/1976/1982/1986 Una vieja historia de caminantes (nouvelles) edité: 1970 Háblenme de Funes (trois nouvelles) edité: 1970/1980 Libro de Trelew (conte épique) edité: 1973 Más cuestiones con la vida (poesie) edité: 1974 Bandeo (nouvelles) edité: 1975/1980 De Dioses, hombrecitos y policías (Roman) edité: 1979/1984 Una pipa larga, larga, con cabeza de jabalí (Theatre) edité: 1981 La larga noche de Francisco Sanctis (Roman) edité: 1984 En la noche (nouvelles) edité: 1985 Chau, Pericles (Theatre) edité: 1986 Rapsodia de Raquel Liberman (Roman/Trilogie; deux tomes finis; 1987) inedit


 Auteur d'une œuvre encore peu traduite en français, Costantini est issu d'une famille de juifs Italiens. Ce militant argentin eut à défendre sa propre culture contre les extrémistes anti-sémites actifs sous la dictature Peron-Videla (1973-1983), ce qui lui valut l'exil au Mexique où il écrivit une partie de son œuvre. De cette expérience
témoignent quelques récits.


Par larouge • Constantini Humberto • Jeudi 21/06/2012 • 0 commentaires  • Lu 873 fois • Version imprimable

La longue nuit de Francisco Sanctis

La longue nuit de Francisco Sanctis

 

 

Humberto Constantini (auteur)







  • Broché: 194 pages
  • Editeur : Editions L'atinoir (6 octobre 2011)
  • Langue : Français

Aujourd'hui, je me sens de plus en plus attiré, comme lecteur et écrivain, par les expériences qui mènent au roman total. Je veux aller à la rencontre du roman fleuve grossi par de multiples affluents, hybride parce qu'ouvert à tous les genres, né évidemment de toutes sortes de métissages, forcément baroque dans la structure narrative tout en faisant la part belle à l'anecdote et qui préfère à l'expérimentation du langage le canevas du couturier qui unit et assemble de son fil invisible. Un roman qui tout en conservant la tension du noir dont l'intrigue est le noyau, s'approprie le grand roman d'espionnage, le roman historique et le feuilleton avec ses milliers de trames souterraines.



 

Par larouge • Constantini Humberto • Jeudi 26/01/2012 • 0 commentaires  • Lu 437 fois • Version imprimable

Petits hommes perdus

Petits hommes perdus
de Humberto Constantini





Argentine, années 70, cinq histoires de "petites hommes perdus", d'orphelins de la vie : un violoniste génial et diabolique qui perd l'amour de sa vie, et sa vie même, dans une tragédie aux accents de tango ; dans un pâté de maisons de la gigantesque capitale, des solitudes jusqu'alors juxtaposées vont se retrouver, le temps (bien trop bref) d'une épopée cocasse autour d'un canari jaune échappé de sa cage. Un pharmacien terne et médiocre, au cours d'une quête absurde et hallucinée qui n'est que recherche désespérée de soi-même, met en fiches les vies de personnages tout aussi ternes et médiocres que lui... Telle est la galerie de "petits hommes perdus", pitoyables, absurdes, mais aussi tragiques et si proches de nous tous, que nous offre dans ce choix de nouvelles l'écrivain argentin Humberto Costantini (1926-1987), dont l'écriture distanciée, associée à un sens aigu de l'absurde, ne peut dissimuler une sensibilité exacerbée, une fraternité de tous les instants.
Traduction de l'espagnol par Jean-Jacques Fleury.
Humberto Costantini , Autrement , 1997



Par larouge • Constantini Humberto • Dimanche 21/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 499 fois • Version imprimable

Dieux, petits hommes et policiers

Dieux, petits hommes et policiers
Humberto Costantini





Éditeur : L'Harmattan
Genre : ROMAN CONTEMPORAIN
Traduction de l'espagnol par Jean-Jacques Fleury.

Dans l'Argentine du second péronisme finissant, un petit groupe de poètes amateurs est injustement dénoncé comme étant une association de dangereux terroristes apatrides. Alors qu'en haut lieu on a décidé de les faire disparaître, Minerve et Aphrodite, leurs protectrices, veillent et tentent de déjouer les terribles machinations d'Hadès, dieu des Enfers... Un roman dénonçant la tyrannie et l'abus des forces policières ayant marqué le deuxième régime de Peron (1973-1983).


Par larouge • Constantini Humberto • Dimanche 21/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 546 fois • Version imprimable

Reeditan las obras de Humberto Constantini


ULTURA I LITERATURA

Reeditan las obras de Humberto Constantini


Los trabajos de este narrador esencial de Argentina está siendo revalorada y difundida: en breve se publicará una selección de sus cuentos a cargo de Abelardo Castillo y la reedición de su novela "De dioses, hombrecitos y policías".



Por Jorge Boccanera

Humberto "Cacho" Costantini sintetizó su hacer en una línea: "Siempre estoy contando algo de forma directa, ansiosa, apurada y con temor de aburrir al lector".

A la antología "Cuestiones con Costantini", aparecida a fines de 2007 y que reúne textos - relatos y poemas- ilustrados por Oscar Smoje, Pedro Gaeta y Luis Scafati, se suman ahora otros dos volúmenes: la reedición de la novela "De dioses hombrecitos y policías" a cargo del sello editor Lea, y una selección de sus cuentos que será editado por Capital Intelectual.

Perteneciente a la generación del 56 - "parricida", según el crítico Emir Rodríguez Monegal-, se inició Costantini en 1958 con "De por aquí nomás", un libro de relatos, el género en el que más se prodigó y al que agregó títulos como "Un señor alto, rubio de bigotes", y "Bandeo".

Su narrativa se extiende a las novelas "Hábleme de Funes", "De dioses..." y "La larga noche de Francisco Sanctis", ubicadas por la crítica en un cruce entre la literatura fantástica y el realismo, con trazos de parodia y grotesco.

Inmerso en expresiones culturales de los años 60/70 -los grupos "Pan Duro" y "Barrillete", las revistas "Gaceta literaria", "Ventana de Buenos Aires" y "El escarabajo de oro"- los libros de Costantini fueron ganando un público lector que adhería fervoroso a sus historias, sus personajes y su fraseo porteño.

En 1993, "Hábleme de Funes" fue llevada al cine con el título de "Funes, un gran amor", con dirección de Raúl de la Torre y las actuaciones de Graciela Borges, Pepe Soriano y Gian María Volonté. También se llevaron a escena en numerosas ocasiones sus monólogos dramáticos, género al que sumó los libros "Una pila larga, larga, con cabeza de jabalí" y "Chau Pericles".

A las traducciones y continuas reediciones de sus libros, hay que añadir relatos emblemáticos presentes en numerosas compilaciones como "Aquí llamando" y "Bandeo", o el cuento: "Insai derecho", obligado en las antologías de literatura futbolera. Amigo y crítico de su narrativa,
Pedro Orgambide, ubica a la narrativa de Costantini por sus rasgos expresionistas y "la inclusión de símbolos y alegorías, por la utilización del monólogo interior y las fracturas o simultaneidades de tiempo".

Remarca Orgambide una de las constantes de esta obra; personajes que se mueven en situaciones límites en las que el optar se convierte en una elección ética.

Ese "jugarse" en cualquier terreno, sea en un partido de fútbol como en la pugna política, será precisamente el eje argumental de su novela: "La larga noche de Francisco Sanctis".

Una palabra repetida en sus libros -"cuestión"- define a Costantini y su manera singular de interpelar la realidad: el planteo es un asunto a resolver y porta una urgencia, de allí su aire de interpelación, exhortación, cuestionario, cuestionamiento.

Ese espíritu crítico -Costantini se exilió en 1976- atraviesa su obra, que elude el voluntarismo del "mensaje" o la rigidez del dogmatismo. Es en esa cuerda -con personajes que deben atravesar un campo minado- donde Costantini se mueve con soltura.

En esa dirección, no es forzado afirmar que la Argentina de la dictadura fue narrada por este escritor en sus novelas y en relatos tales como "En la noche", "Fin de semana" y "La daga de Pat Sullivan".

Hay una obra más, calificada de "narración épica", que se agrega a esa producción: "El libro de Trelew", publicado en 1973, con una denuncia explícita -la matanza de militantes políticos en la base Almirante Zar- entre lo testimonial y lo periodístico.

Un año después retomará el tema en "Testimonio de un suboficial que intervino en los sucesos de Trelew", donde ficcionaliza el hecho y se adelanta al retrato de los escasos represores que confesaron su proceder agobiados por su pasado.

Otro de los rasgos principales de Costantini es la porteñidad que en su caso se desdobla en el recogimiento barrial y un destierro vivido como intemperie.

Esa marca, subrayada en guiños, locuciones populares, un modo de caminar la ciudad, observarla y hacerse uno con el entorno, está lejos del mero pintoresquismo.

La poesía es otro género recurrente en la obra de Costantini inventariada en el libro "Cuestiones con la vida", con cinco ediciones en su haber, lo que marca la popularidad de sus escritos -"Porteño y de Estudiantes" y "Gardel", son apenas dos ejemplos- que muchos lectores en los 70 se pasaban de mano en mano.

Bienvenida entonces esta revalorización de un escritor que buscaba, siempre en un aire de "chamuyo", un interlocutor a la mano para realzar el clima coloquial: "Che mundo, cosa, gente/ vida en serio/ no se me rajen, tomen/ una copa conmigo".

source: http://www.telam.com.ar/vernota.php?tipo=N&idPub=100695&id=221895&dis=1&sec=7


Par larouge • Constantini Humberto • Dimanche 21/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 509 fois • Version imprimable

Un señor alto, rubio, de bigotes: cuento de Constantini

Un señor alto, rubio, de bigotes

Es aquí. Pero este ascensor... la portería... yo los conozco, me parece. ¿Cuándo vine yo aquí? ¿Una semana? ¿Un año? No puedo darme una idea. ¡He caminado tanto en este tiempo!

Además todas las oficinas, más o menos... Y los ascensores también. Subo a un ascensor y ya me veo buscando a alguien, preguntando, corriendo de aquí para allá. Sí ha de ser eso.

Y sin embargo... el tablero... las puertas... Yo esto lo conozco. Alguna vez estuve aquí, estoy seguro.

Bueno pero no interesa. ¿Dónde está la tarjeta? Es ésta. Señor García, de parte del señor Perrondo. Séptimo piso, oficina 712.

-¡Al séptimo!

... de esto algo tiene que salir... segundo... tercero... señor García de parte del señor Perrondo. Vamos a ver qué pasa.

... quinto... sexto... García de parte de Perrondo. García de part...

-¡Gracias!

Y este pasillo también... pero ¿cuándo? ¿Cuándo?

Setecientos ocho, diez, doce. Es aquí.

-Buenos días señorita. El señor García por favor...

-Sí, como no señorita.

Los dos sillones, la mesita... el cuadro... el ruido de la máquina... pasos en el corredor...

Sí, yo le digo que soy amigo de Perrondo, ¡total! ... la corbata en su sitio, los puños... ¿Qué hora será? Y este dolor en el pecho que me joroba ahora. Bostezo, me miro las uñas. Espero.

El tiempo. Uno se mete en él como en una carpa. Afuera pasos, voces... el ruido del ascensor... una bocina... ¡Pero todo eso lejísimo!... En otro mundo.

Aquí el tiempo lo cubre completamente a uno. Uno mismo es el tiempo. Creo que hace falta un poco de entrenamiento para sentir esto.

Antes me molestaba esperar. Ahora no. Me meto en la carpa, cierro todas las aberturas y espero. ¿Qué quiere decir "las diez y media"?

Pienso que esperar es una cosa importante. Algo así como una ocupación fundamental. Uno espera y cumple su vida.

¡Estoy macaneando! ¿Qué hora es? Lo que hay que hacer es mostrarse dinámico, optimista. Cara de triunfador. Así se consiguen las cosas. La corbata en su sitio, los puños, caminar erguido. Muy bien.

¡Pucha cómo tarda! ¿Se habrá olvidado de que estoy aquí?

El tiempo... García de parte de Perrondo. Yo lo conozco a Perrondo. Perrondo es amigo mío. ¿Del trabajo? No, de la familia. Amigo de la familia desde hace diez años. Eso es.

¿Se habrá olvidado? Diez minutos más y pregunto.

El tiempo...

-Señorita, ¿el señor García?...

-Ah... perdón, perdón. Pensé que se había ido... los sillones... la mesita... el cuadro...

¿Qué será este dolor? Juego con los dedos en la madera. Espero. No existe el tiempo. Me meto en la carpa...


* * *


-Ah, sí, sí. ¡Gracias señorita!

-El señor García. ¡Encantado! Sciardys, a sus órdenes.

-Bien señor García... el señor Perrondo me indicó... me dijo que usted podría... es decir, me dio esta tarjeta para...


* * *


La calle otra vez. No me gusta caminar por la calle cuando ando así. Sobre todo si uno tiene los zapatos gastados. Uno se mira los zapatos y está listo.

Además las paredes, crecen, crecen hasta el cielo, se amontonan allá arriba y lo aplastan a uno.

Llámeme dentro de dos meses. No, no. ¿Cómo era? Venga a verme de aquí un par de meses. Así me dijo. Y que lo viera al señor Bucini, director de "Radiar", de parte suya.

Todos los días, después de las catorce y treinta. Lavalle al mil quinientos. Lo veo hoy. ¿Qué hora es? No hay tiempo para volver a casa. Me quedo por aquí entonces. Lavalle al mil quinientos. Señor Bucini de parte del señor García...

Un espejo. ¿Para qué me habré mirado? Yo me imaginaba bien plantado, rozagante. Así como para presentarme y conseguir cualquier cosa. Me vi flaco, desgarbado... ¡y con una cara!... Cara como para que digan que no. Cara que invita a decir que no. ¡Mire señor, usted puede decirme que no, con toda confianza! No hay peligro de que me extrañe o que lo tome a mal. ¡Estoy acostumbrado a que me digan que no! ¡Dígalo señor! ¡Dígalo sin miramientos! ¿No ve que lo estoy invitando con esta cara a que me diga que no?

No, esas son pavadas. Si empiezo a pensar así no voy a ningún lado. Lo que tengo que hacer es componerme un poco antes de entrar. Una cuadra antes empiezo a sonreír. Así, ¿ves? Saco pecho... levanto la cabeza... camino ligero... tra la... la la. Eso.

La cara no quiere decir nada.

Pero este dolor... voy a tener que ir al médico un día de estos.

No, no hay que mirarse los zapatos.

Y las casas que se hacen más altas. Esas ventanas allá arriba que lo miran como despreciando. Como haciéndolo caminar a uno por una zanja.

Y la gente. Toda apurada. Todos haciendo algo... ¡Es horrible caminar así por la calle! ¿Dónde hay un café?

Bucini de parte de García, a las dos y media.

"Radiar" es una casa importante. Yo la conozco. Si este Bucini pudiera hacer algo...

¡Un café con leche, mozo!

Hasta las dos y veinte no salgo. De aquí a Lavalle al mil quinientos son diez minutos. Me quedo en el café. Cualquier cosa antes que andar por la calle haciendo tiempo. Están las paredes. Están los espejos en las vidrieras. Y además me veo los zapatos.

Está la gente. Todos ocupados. Todos aprovechando los minutos. Haciendo cosas importantes. ¿Por qué no podré estar así yo? ¡Ocupado, ocupadísimo! Caminar rápido por el centro, o sentarme frente a un escritorio y hablar por teléfono. Decir por ejemplo: ¡vení a verme a las cinco en punto! Antes no porque estoy ocupado. Tenemos quince minutos justos para charlar. Y ¡plaf!, colgar el tubo. Señor Sciardys, ¿qué hacemos con esto? ¡Páselo a tal lado! ¡Pim! ¡paf! Con seguridad, con firmeza, ocuparme de cosas importantes...

¡Qué sé yo! Estoy cansado de vivir así esperando. Como si en el mundo, o en la vida, o en ese juego misterioso que tiene la gente, no hubiera lugar para mí.

Este dolor debe ser el cigarrillo. Empezó hace una semana y no me deja tranquilo. Cuando me canso un poco me duele más y se extiende hasta el brazo. ¿Justo ahora tiene que venir esto? Me da rabia porque me parece que me quita seguridad, que me deprime, y que todo eso se debe notar.

No, no se puede notar. Son ideas mías. Es cuestión de presentarse bien. De mostrar alegría. Señor Bucini, ¡encantado! Con soltura, con optimismo. Eso es lo principal.

Las dos y cuarto.

-Mozo, ¿cuánto es?

Caminar rápido. No mirar a los costados. No mirar los zapatos. No ponerse a pensar en las paredes. Las paredes lo aplastan a uno. Lo escupen desde las ventanas. Yo también ando apurado. Soy igual que la gente.

Es en esta cuadra. La sonrisa. Así, de oreja a oreja. Después la cara se acostumbra y uno parece sonriente.

"Radiar"...

-El señor Bucini por favor...

-Segundo piso. Gracias.

-El señor Bucini por favor. ¿Mi nombre? Sciardys. Ese, ce, i, a, ere, de, y griega, ese.

-Sí, gracias señorita.

La sonrisa. La corbata en su sitio. Caminar derecho. Espero. Me paseo.

-¿El señor Bucini? Sciardys, ¡encantado!

-Yo estuve recién con el señor García... el señor García me dijo... que viniera a verlo...


* * *


La calle. Las paredes. Estoy cansado.

¿Por qué hay tipos que tienen como una cáscara alrededor? Uno quiere llegar a ellos, acercarse, y es imposible. Pero mejor es que no piense en Bucini. Por aquí no hay nada que hacer. Eso es seguro.

De todas maneras me dio un dato. No creo que lo conozca a este señor Domingo Márquez. Ni siquiera me dijo que fuera de parte suya. Pero es un dato y hay que aprovecharlo. ¿Iré ahora? Sí voy ahora. Quién me dice que a lo mejor...

Además así las paredes no me atrapan. Me muevo, corro. Las agujas del reloj y la tacita de café no van a estar allí, mirándome, estudiándome, sabiendo cada cosa que hago y cada pensamiento que se me cruza. No me van a mirar cómo mato el tiempo.

Señor Domingo Márquez, gerente, Belgrano 774. ¿Qué se toma para ir?

-Señor, ¿para Belgrano al setecientos, por favor?

-Gracias.

No pienso en Bucini. No pienso en nada.

El colectivo. La gente que empuja. ¿Saldrá algo de aquí?

No alcanzo a ver la calle. ¿Dónde estamos?

Tengo que presentarme bien. Con soltura, con alegría, Márquez es un tipo importante...

-¡En la primera chofer!

Belgrano 774. Es allí enfrente. Cruzo la calle. Ahora ¡qué raro! No me duele nada el pecho.

El ascensor otra vez. Otra vez la sensación de estar corriendo, buscando a alguien.

-¡Al cuarto!

Sonrío. Me compongo el saco. ¿No habrá salido este Márquez?

-Sí, Fernando Sciardys. Ese, ce, i, a, ere...

-¿Señor Márquez? ¡Encantado!

-Mire señor Márquez, yo venía porque me enteré... me dijeron que había una posibilidad y entonces yo vine para preguntar, para ver si es posible...


* * *


¡Abajo!

Córdoba 2552. ¡Voy ahora mismo! El señor Otero. Esta vez me lo dijo bien claro. Otero con seguridad tiene algo. Vaya a verlo.

Sí, voy, voy ahora mismo. No quiero perder un minuto. ¡A ver si lo alcanzo! Córdoba al dos mil quinientos. Llego hasta Córdoba y de allí tomo cualquier cosa. ¡Rápido! ¡Rápido!

Señor Otero. Esta vez es seguro. Señor Otero. Córdoba al dos mil quinientos.

¡Ojalá no se haya ido todavía!

¡Quince minutos señor Otero! ¡Quince minutos y estoy allí! ¡Espéreme, por favor!

Se hace tarde. ¡Yo tomo un taxi! ¡Espere quince minutos más, señor Otero, no se vaya!

-¡Taxi!

-A Córdoba al dos mil quinientos, ¡rápido por favor!

Fumo. Miro la calle. Voy más rápido que la gente. Más ocupado. ¡Pucha, el tráfico! ¿Por qué no pasará de una vez?

La corbata en su sitio, los zapatos... no, no hay que mirarse los zapatos.

Otero con seguridad tiene algo. Así me dijo, ¡Gracias señor Márquez! ¡Y yo que casi no pensaba ir! ¡Cómo vienen las cosas, así, de pronto, cuando uno menos las espera!

Ya falta poco. Mil novecientos... dos mil... Llego justo a tiempo. ¿Estará todavía en la oficina? Dos mil doscientos... dos mil trescientos... ¡Ese camión que no deja pasar! Dos mil cuatrocientos... En la otra.

-¡Aquí nomás, cóbrese!

El saco. La corbata. Me arreglo los puños.

-El señor Otero por favor...

-¿Esta escalera? Gracias. ¿Se habrá ido?

-Buenas tardes señorita. ¡El señor Otero por favor!...

-¿Qué?... ¿No está?...

-¿Pero va a venir? Sí, sí, yo lo voy a esperar. ¡Cómo no!

-No, no, prefiero esperarlo aquí.

-Fernando Sciardys. Ese, ce, i, a, ere, de, y griega, ese.

-Sí gracias, señorita. ¿Usted me avisa cuando llega entonces?, porque yo no lo conozco...

-Muy bien, muy bien, espero nomás.

...Espero. No puedo quedarme sentado. Me paseo... las puertas... los sillones... el reloj...

Enciendo un cigarrillo.

Pero al rato me aburro de caminar y me siento. El sillón que se hunde... el techo... el ruido de las máquinas...

El tiempo. Uno se mete en él como en una carpa... Pero el señor Otero vendrá en seguida. No hace falta la carpa.

Espero. Otro cigarrillo.

Me está doliendo el pecho otra vez. ¿Qué será esto?

Señor Otero, usted me va a salvar. Usted es mi esperanza, señor Otero.

El tiempo. Espero. Yo siempre espero a alguien.

Pero esta vez es seguro. Márquez me lo dijo bien claro.

El tiempo. Me meto en la carpa. Cierro todas las aberturas y espero.

El guardapolvo blanco de la empleada... el vidrio de la puerta... los dibujos del parquet...

¡Qué tarde se hizo!

...los ruidos de la calle... un timbre... alguien que tose...

Tengo miedo de que no pase por aquí. O de que la empleada se olvide.

El tiempo.

...El cesto de los papeles... pasos que se alejan...

Espero...


* * *


-Señorita... quería preguntarle..., ¿cómo es el señor Otero? Por si usted se va, ¿sabe? Así yo sé cuando él viene... lo saludo, me presento...

-¿Cómo? ¿Alto, rubio, de bigotes?

-Sí, sí, lo voy a conocer.

-Gracias, gracias.

Alto, rubio, de bigotes. El señor Otero es un señor alto, rubio, de bigotes.

"Con seguridad tiene algo. Vaya a verlo."

Pero el tiempo me aplasta. Me borra la sonrisa de la cara. Me paseo. No hay que mirar los vidrios. No hay que mirarse los zapatos. La corbata en su sitio. Los puños.

¡Cómo me duele el pecho!

Es tarde. Oigo puertas que se cierran... oigo voces que dicen "hasta mañana"... Han apagado la luz en la otra oficina.

Un señor alto, rubio, de bigotes. Un señor alto, rubio, de bigotes. Yo lo voy a conocer.

Me levanto. Me asomo al corredor. Oigo pasos en la escalera. Sube alguien. Debe ser él. Debe ser el señor Otero. ¡Por fin!

Lleva un traje azul... sombrero claro... lo tengo de espaldas... ahora se da vuelta...

No... no... me había parecido.

Espero. Tiene que venir.

Camino. El corredor... la baranda... Bajo la escalera.

¿Y si subiera en este momento? Me detengo.

Pero es mejor bajar. Es mejor estar abajo para verlo.

Bajo. Salgo a la puerta.

La gente... los autos... Se está haciendo de noche.

...¿eh? ¿Este que viene aquí? Es alto, rubio... ¡viene para este lado!

No... no tiene bigotes. No es el señor Otero.

El señor Otero es un señor alto, rubio, de bigotes. Un señor alto, rubio, de bigotes que me va a salvar. Va a hacer un lugar para mí en el mundo. Me va a quitar todos los problemas. También este dolor al pecho, ¿no es cierto señor Otero?

...un señor alto... tiene un portafolios en la mano...

No, no es.

La gente no entiende nada. No saben que estoy a punto de salvarme. Los pobres no esperan al señor Otero. Me dan lástima. Yo estoy mucho mejor que la gente.

...¿éste? Tampoco. Parecía, pero no es rubio.

Yo espero al señor Otero. Un señor alto, rubio, de bigotes que tiene todo en la mano. Con seguridad tiene algo.

¡Y la gente no se da cuenta! ¡Pasan al lado mío y no entienden nada! Yo quisiera llamarlos, explicarles. ¡Eh!, ¡señor! Yo no estoy aquí haciendo tiempo, ¿me entiende? Antes sí, pero ahora no. Ahora estoy esperando al señor Otero. Un señor alto, rubio, de bigotes, que me va a salvar. ¿Usted no lo conoce? ¿No sabe quién es el señor Otero? ¡Verdaderamente es una lástima! Él podría ayudarlo a usted también! Sí, pero ahora yo lo estoy esperando. Él con seguridad tiene algo y me va a dar un sitio en el mundo, ¿sabe señor? ¡Gracias, gracias señor! No, no me felicite. En realidad es nada más que un poco de suerte. ¡Adiós señor!

¡Cómo tarda!

Los árboles parecen hombres que levantaran los brazos. La luna es un señor rubio que los mira como se agitan y se va acercando lentamente para clamarlos.

¿Por qué tarda tanto, señor Otero?

Yo no levanto los brazos pero también estoy agitado. Me duele el pecho. Quisiera llamarlo, señor Otero. Porque usted no sabe que estoy aquí esperándolo y por eso no se apura en llegar. En traerme la calma que usted tiene con seguridad en la mano.

Es muy tarde. Es de noche y usted no viene.

Pero yo lo voy a esperar. Yo lo voy a conocer en seguida.

...la gente... los negocios que cierran.

¿Qué tengo en el pecho? ¿Por qué me duele más ahora?

Un señor alto, rubio, de bigotes, que me va a quitar este dolor del pecho, que va a llegar lentamente para calmarme.

Los hombres siguen de largo. Ninguno es un señor alto, rubio, de bigotes. Son gente como yo. Andan apurados. También se miran los zapatos. También necesitan de usted señor Otero. ¿Por qué no viene?

Si usted no viene yo me voy a quedar aquí toda la noche, levantando los brazos. Y la gente va a preguntar: ¿qué pasa? Y yo les voy a decir que lo estoy esperando a usted, señor Otero. Y entonces todos van a levantar los brazos, y se van a agitar, y todos lo van a llamar a usted para que venga a calmarlos.

¡No puede ser! ¡No puede ser! ¿No dijo que vendría? Me lo dijo bien claro la empleada.

Los árboles... Los árboles se mueven, levantan los brazos...

¿Eh? Sí, es él. Cruza la calle. Viene para este lado.

Sí, sí, sí, no hay duda. Es el señor Otero. Un señor alto, rubio, de bigotes.

Camina despacio... viene hacia aquí...

-¡Buenas noches señor Otero! Yo lo estaba esperando. Me dijeron que usted tiene algo y yo venía para que usted...

¿Cómo señor Otero? ¿Qué lo acompañe a su oficina? ¡Sí, sí, cómo no señor Otero!

Me pasa la mano por el hombro. Me trata como a un hijo. Me dice que me quede tranquilo...

¿Pero cómo sabe mi nombre señor Otero?

¿Todos los problemas señor Otero? ¿Todos los problemas? ¡Gracias, señor Otero! ¿También este dolor al pecho? ¿Pero usted cómo sabe?

¡Me duele, me duele mucho ahora! No se sonría. Es cierto. Casi no puedo caminar.

¿Qué pronto se me va a pasar todo? ¿Cómo puede usted saberlo señor Otero? ¿Cómo supo que me dolía terriblemente el pecho?

Yo simplemente quería una ocupación. Algo así como un sitio en el mundo.

No, no se sonría. No me mire así. Yo le hablo en serio. Lo que ocurre es que hace mucho tiempo que espero. ¡Siempre corro de aquí para allá! ¡Busco, busco! Y de pronto me lo encuentro a usted.

¿Todos los problemas dice, señor Otero?

¿Por qué se sonríe?

Pero... usted...

No, no, no, no puede ser, no quiero nada. Yo quiero irme.

Y el pecho me duele. Se me cierra.

Las cosas se borran. Se hacen oscuras.

¿Por qué lo veo solamente a usted? Usted que me mira sonriendo, me toma del brazo. Conoce mi nombre.

¡No, no, yo no quiero!

Usted es...

Un señor alto, rubio, de bigotes, que es...

Que me sonríe, que me toma del brazo.

¡No quiero! ¡No no no!

Me falta el aire. ¡Déjeme ir!

¡No, no, no, no quiero! ¡No quiero!...


Par larouge • Constantini Humberto • Dimanche 21/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 554 fois • Version imprimable

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