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Gabriel Rolon




 
Gabriel Rolon (né le 1° nobembre 1961, à Buenos Aires), est un psychanaliste, écrivain et chanteur argentin, très connu pour ses participations à plusieurs programmes de radio et de télévision

 

Par larouge • Rolon Gabriel • Mardi 29/01/2013 • 0 commentaires  • Lu 751 fois • Version imprimable

La Maison des belles personnes


La Maison des belles personnes
de Gabriel Rolon, traduit de l'espagnol (argentine) par Marianne Millon






  • Broché: 378 pages
  • Editeur : Belfond (10 janvier 2013)
  • Collection : Littérature étrangère


 Dans un Buenos Aires rongé par la corruption des puissants, une enquête menée tambour battant par Pablo Rouviot, un psychanalyste aux méthodes peu orthodoxes. Meurtre, passions, secrets, drames familiaux et politique se mêlent dans ce thriller sulfureux d'un nouveau genre.
 
 
Dans un Buenos Aires inattendu et décadent, une enquête menée sur un rythme endiablé par un détective malgré lui, une oeuvre aussi intrigante que violente, déjà culte en Argentine. 
 
Star des psychanalystes et coqueluche de toutes les étudiantes en psycho, Pablo Rouviot sent le vent tourner : abandonné par la femme de sa vie, décrié par ses collègues, il se renferme dans une morne solitude. 
Un soir, une jeune femme se présente avec une surprenante requête : déclarer son frère irresponsable de ses actes. Ainsi Paula Vanussi espère-t-elle sauver Javier, accusé du meurtre de leur père. 
 
Sensible au charme troublant de la belle, Rouviot accepte la mission. Mais le doute s'installe : Paula a-t-elle tout dit ? De quelle étrange maladie souffre Javier ? Qui avait intérêt à supprimer le très respectable Roberto Vanussi ? 
 
Et Rouviot de se lancer dans une enquête au coeur de ces familles censées former l'élite du pays, ces belles personnes prêtes à tout pour protéger leurs secrets les plus inavouables...
 
 

Par larouge • Rolon Gabriel • Mardi 29/01/2013 • 0 commentaires  • Lu 616 fois • Version imprimable

court extrait de La maison des belles personnes

 LE SILENCE EST TRÈS PROCHE DE LA MORT et il le sait. Là où les mots n'ont pas leur place, apparaît l'inaccessible, l'absurde. Ce qu'on ne peut formuler et qui se perd dans une obscurité sans nom. Seule une douleur muette et déchirante s'élève comme une ultime barrière face à la folie. C'est en cela que son travail le passionne, le séduit. Chaque patient représente un nouveau labyrinthe et chaque histoire révèle une angoisse qui réclame qu'on la fasse taire. Étrange paradoxe, seuls les mots y parviennent.
L'angoisse. Son éternelle compagne, qui exerce depuis toujours une attirance presque pathologique sur lui. Comme ces grilles électriques aux lumières bleues des pizzerias d'autrefois, qui entraînaient les insectes vers la mort. C'est ça. L'angoisse le fascine et le captive.
C'est peut-être la raison pour laquelle il est devenu analyste, plutôt que pour tenter de combattre cette angoisse, intolérable pour les patients et, pour lui, irrésistible.
Son père avait eu une enfance difficile, de celles qu'on ne souhaite à personne, et Pablo se rappelle encore leurs nuits passées à discuter. L'air étonné, il l'écoutait lui décrire avec une sorte de tendresse cette enfance menacée, démunie. Mais il savait que derrière l'apparente aventure que constituait une nuit dans la rue ou le règlement de la maison de redressement se tapissait l'angoisse. Aussi l'écoutait-il, hypnotisé. Il imaginait son père-enfant tremblant de peur la nuit, sans défense devant un destin injuste.
Pablo ne devait guère avoir plus de huit ou neuf ans quand il s'était demandé pour la première fois si quelqu'un avait entendu la douleur qui parcourait le récit de son père et dont il ne semblait pas conscient lui-même. Peut-être par un choix délibéré. Il n'est pas évident d'accepter qu'on vous ait laissé tout seul. La solitude est un des autres masques de la mort, Pablo le sait très bien car il est seul lui aussi. Et cela ne relève pas du hasard s'il pense à son père aujourd'hui précisément. Il en a besoin.
 
Il y a un an jour pour jour qu'il n'a pas vu Alejandra, et la douleur le transperce. Son père aurait su quoi lui dire, ou du moins le soutenir. Depuis sa mort, Pablo ne peut compter sur personne, et aujourd'hui c'est trop dur. Depuis combien de temps n'a-t-il pas permis à quelqu'un de le prendre dans ses bras quand il va mal, depuis combien de temps n'a-t-il pas pleuré ?
Son père était un homme au regard droit et sûr qui pressentait toujours ses états d'âme. Il se sentait autorisé à l'interroger, car il savait qu'il pouvait l'épauler. Pablo se souvient encore de ses bras robustes, de ses paroles fermes et affectueuses. Il lui manque d'une façon presque enfantine, inexplicable et douloureuse. Comme elle. Elle et son sourire innocent, elle et son sexe violent, elle et sa maudite intelligence.

source: http://www.lechoixdeslibraires.com/livre-125837-la-maison-des-belles-personnes.htm

 

Par larouge • Rolon Gabriel • Jeudi 31/01/2013 • 0 commentaires  • Lu 599 fois • Version imprimable

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