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Esteban Bedoya

 


Esteban Bedoya est né à Asunción le 25 Avril 1958. Il avait six ans quand sa famille s’est installée à Buenos Aires, en Argentine, fuyant la dictature d’Alfredo Stroessner.

Il a grandi, estudié et s’est marié à Buenos Aires. Esteban Bedoya est architecte et écrivain. Il est actuellement Consul du Paragay en Australie.

Pendant les années de la dictature de Stroessner, Bedoya a partagé son temps entre les activités politiques avec les exilés du Paraguay, et la participation aux ateliers d'écriture littéraire. En 1982 il a remporté les prix de l’American Association of Poets et en  1983 celui de l'édition Helguero.

 

Son livre, « La fosa de los osos » (2003), a été traduit en français: « La Fosse aux Ours » (2013) et publié en France en mai 2013, par les éditions "La derniere Goutte". Son roman « los malqueridos », a été publié deux fois en espagnol et publié en France par L'Harmattan (2013) sous le titre « Les mal-aimés ». « El Apocalipsis según Benedicto» a reçu le prix de l'American Center / Lily Tuck PEN 2010, et a déjà été traduit en anglais et présenté en Avril 2013. Son dernier livre " El coleccionista de orejas " (roman) sera publié en France par "La derniere Goutte", en anglais il sera publié par Cervantes Publishing, Sydney et en italien par l'Union Italienne des Auteurs d’Italie.

 

Bedoya est membre du PEN Club du Paraguay, de la Société des Écrivains Fribourgeoise, Suisse, ainsi que du PEN American Center, New York.


Par larouge • Bedoya Esteban • Dimanche 21/04/2013 • 0 commentaires  • Lu 625 fois • Version imprimable

La fosse aux ours

La fosse aux ours [Broché]

Esteban Bedoya (auteur) traduit de l'espagnol (Paraguay) par Frédéric Gross-Quelen




 
Editeur: La dernière goutte
Date de parution : 2 mai 2013
Nombre de pages : 158
Genre:Nouvelles

Récits d’initiations et d’illuminations charnelles, les nouvelles d’Esteban Bedoya font écho à la mémoire irréductiblement païenne de l’Amérique latine. Dans ce jardin des délices, les trajectoires baroques sont bouleversées par la force des croyances : la chair et le sacré se livrent bataille, les hommes succombent à leur soif de conquêtes, rêves d’enfant et fantasmes d’adulte se confondent. Le sortilège des plaisirs physiques fait du réel un théâtre d’illusions.

Mais derrière l’exubérance sensuelle et joyeuse de ces textes aussi ardents que fantasques, c’est bien l’énigme de la jouissance que sonde Esteban Bedoya : fait-elle de l’homme une bête ou un être lumineux sensible à la magie du monde ?

 

 

Par larouge • Bedoya Esteban • Lundi 29/04/2013 • 0 commentaires  • Lu 630 fois • Version imprimable

à propos de "La fosse aux ours"

 une belle présentation de "La fosse aux ours" de Esteban Bedoya:

http://blog.paludes.fr/post/2013/05/31/Paludes-683-du-vendredi-31-mai-2013



Par larouge • Bedoya Esteban • Jeudi 30/05/2013 • 0 commentaires  • Lu 646 fois • Version imprimable

à propos 2 de "La fosse aux ours"

 lundi 7 octobre 2013
Esteban Bedoya, La fosse aux ours
Amours et plaisirs à tout prix
 
Romain Verger
 
Né à Asuncion au Paraguay en 1958, architecte de formation et diplomate en poste dans différents pays, Esteban Bedoya a obtenu plusieurs prix pour ses romans et nouvelles. Les éditions La dernière goutte nous font découvrir son imaginaire foisonnant, son univers baroque et exubérant à travers cette mosaïque de récits d'initiation qu'est La Fosse aux ours. 
 
Sans doute la nouvelle liminaire en esquisse-t-elle le programme, en nous montrant Carmen, une vieille femme qui éclaire ses souvenirs avant que la nuit ne les lui ravisse à jamais : "Délicate, elle approche sa lampe de chacun des visages. Elle leur fredonne en français des berceuses du temps jadis." Comme autant de figures d'une enfance et d'une adolescence lointaines qui n'attendent que l'écriture pour repeupler la scène, en chair et en couleurs. 
 
Car l'écriture de Bedoya est avant tout incarnée, rivée au corps, au désir et à la quête éperdue du plaisir. L'auteur dépeint l'amour et les grâces féminines avec un plaisir communicatif :
"ses seins énormes aux mamelons noirs comme l'ébène ressemblaient à deux bombes larguées sur Varsovie lors de la Seconde Guerre Mondiale." 
 
"Il m'a maintenu la tête, il l'a penchée sur le côté et il a écrasé ses lèvres contre les miennes… Il a aspiré ma chair comme une mangue mûre, et ensuite… ensuite, il m'a pressée contre son sexe… Au milieu de l'obscurité du vestibule, on aurait dit un salami de Milan… Ahhh mon Dieu! Il hurlait comme un animal affamé! C'était une bête avide, une bête de l'enfer, ses râles m'étourdissaient, me pétrifiaient, ils m'on fait perdre l'équilibre. Seule une de ses mains me retenait, me balançait au rythme de ses va-et-vient… Je sens encore sa tête rigide, rugueuse comme du papier de verre… Et puis il m'a déposée sur les dalles froides, inconsciente, incapable de rien faire d'autre que de le regarder s'éloigner dans la pénombre […]"
 
"J'épiais la scène et cherchais ensuite à l'imiter face à un miroir moisi par le souffle de mes baisers. De loin, la putain m'observait. Elle scrutait mon regard qui devenait humide de tristesse ; j'avais la certitude que je ne pourrais jamais lui caresser les seins."
 
Ses nouvelles, rocambolesques et picaresques, tiennent à la fois des contes philosophiques et merveilleux, comme des légendes et mythes amérindiens. Un curieux mélange, totalement décomplexé, qui confère à l'ensemble une saveur poétique des plus singulières et séduisantes. La plupart sont des récits d'initiation dans lesquels de jeunes garçons vont s'éveiller à la sensualité et, en grandissant, tenter d'égaler leurs aînés, dont l'exemple hédoniste et vénéneux exerce sur eux un puissant magnétisme. C'est tantôt un père volage qui, sous couvert d'aménité, se prémunit des risques de la monotonie conjugale, tantôt le curé Pio que la charité pousse à engrosser de dévotes femmes pour leur assurer progéniture. Tel encore Florencio Gomez, le compagnon d'une nourrice, "athée fornicateur" qui ébranle l'enfant dans ses croyances et l'éveille aux charmes du péché. Ces hommes ont fait de leur amour des femmes le point cardinal de leur existence, et c'est vers elles que les plus jeunes cherchent à leur tour le bonheur au risque de s'y consumer, de plaisir ou de frustration.
 
Parmi elles, la plantureuse nourrice Faustina, la princesse Suchitra dont les charmes fascinent un planteur de coquelicots, ou bien Catalina, propriétaire d'une maison de rendez-vous où se côtoient dans une atmosphère teintée de dévotion et de damnation, époux et notables respectables. Enfin la belle Vivianne assassinée (surnommée La Reine des animaux), lascive jusque dans la mort :
"Elle était aussi exposée que l'ultime chef-d'œuvre d'Helmut Newton, en appui sur le bras droit, les jambes légèrement fléchies. La beauté, la plasticité de la jeune fille évoquaient la vie-même. Mille montagnes d'or n'auraient pas rayonné plus que ses fesses fermes ; et ses seins, couronnés de vermeil par deux fruits des bois, s'offraient comme le plus appétissant des délices."
 
Des femmes le plus souvent inaccessibles, mirages de chairs et de jouissances que témoignages et souvenirs de tel ou tel proche ou amant font miroiter de mille éclats : "Cette femme que je ne connaissais qu'à travers les descriptions précises de ses serviteurs, ces bipèdes frugivores drogués jusqu'à l'idiotie par l'arôme qui s'échappait de son sexe divin, derrière le rideau couvrant ses ablutions du soir." 
 
En leur absence, on se console ou l'on espère dans l'amitié et la fréquentation païenne des bêtes, auprès de l'éléphant Fais mon bonheur que des années de domesticité auprès de la voluptueuse Suchitra ont imprégné de ses propres charmes, ou de la chèvre Rosario, seule et dernière confidente du pauvre vacher Juan. À en croire d'ailleurs la nouvelle éponyme du recueil, il n'est pas jusqu'aux bêtes qui ne sachent tirer la meilleure part de l'amour, la disputant aux hommes comme pour en garder jalousement la saveur et le secret.
 
 
 
Esteban Bedoya, La fosse aux ours, La dernière goutte, 2013. Trad. : Frédéric Gross-Quelen. 15€

source: http://anagnoste.blogspot.fr/

Par larouge • Bedoya Esteban • Dimanche 06/10/2013 • 0 commentaires  • Lu 634 fois • Version imprimable

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