S'identifier - S'inscrire - Contact

Claudia Piñeiro



 
Claudia Piñeiro est née en 1960, dans la province de Buenos Aires. Elle est romancière, dramaturge et auteur de scénarios pour la télévision. Ce roman a été récompensé par le prix Clarín 2005.



Par larouge • Pineiro Claudia • Vendredi 12/02/2010 • 0 commentaires  • Lu 562 fois • Version imprimable

Claudia Piñeiro - Interview

mardi 7 juillet 2009

Claudia Piñeiro - Interview

© www.pilardetodos.com.ar

Entretien avec Claudia Piñeiro
Des liens de sang si familiers

par Hilda Cabrera

www.pagina12.com.ar

 

Romancière, scénariste et dramaturge, elle vient de créer Verona au Piccolino, une œuvre qui raconte, avec un humour corrosif, une situation d’impasse familiale. « Le monde qui se cache derrière les rideaux d’une maison est généralement celui des femmes. », dit-elle.

Ce n’est qu’en étant un bon lecteur que l’on peut améliorer sa propre écriture. L’écrivaine Claudia Piñeiro considère cette pratique comme impérative, aussi ne cesse-t-elle de lire et d’écrire. Elle vient de créer Verona au théâtre El Piccolino et a en projet une autre pièce et un roman. « Lorsque j’ai participé au concours Clarín avec Las viudas de los jueves [Les veuves du jeudi], j’avais déjà bien avancé un autre livre. Pour moi, la page blanche n’est pas un problème. », précise-t-elle. Elle sait mettre à profit des périodes moins actives en rassemblant des matériaux et elle ne dédaigne pas écrire pour la télévision, grâce à laquelle « on obtient des rentrées qui permettent de vivre et s’exercer au métier ». Il y a quelques mois, elle a participé au jury du Prix du roman 2007 Alfaguarra, que présidait l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa. C’est chez cet éditeur qu’en 2005 elle a publié Las viudas de los jueves (Prix Clarín). Autre roman du genre policier, Tuya, qui fut finaliste du concours de Planeta 2003 ; elle a publié aussi des récits érotiques (El secreto de las rubias) [Le secret des blondes] et des textes pour enfants et adolescents (Un ladrón entre nosotros ; Serafín, el escritor y la bruja) [Un voleur est parmi nous ; Serafín, l’écrivain et la sorcière].
Lors du cycle 2004 « Théâtre pour l’Identité », elle a présenté Cuánto vale una heladera [Ce que vaut un réfrigérateur] et l’on peut voir actuellement à l’affiche une autre œuvre qu’elle met en scène, Un mismo árbol verde [Un même arbre vert], qui aborde la féroce répression déchaînée par l’Etat turc contre le peuple arménien entre 1915 et 1923. Elle a collaboré aux revues Emmanuelle et Satiricón et a intégré plusieurs équipes de metteurs en scène pour la télévision (Yago, pasión morena ; Cuatro amigas ; Resistiré et Tres padres solteros) [Iago, passion nègre ; Quatre amies ; Je résisterai et Trois pères célibataires].

Piñeiro trouve l’inspiration dans des sujets qui sont dans l’air du temps. Entre autres exemples, l’assassinat maquillé en suicide dans un quartier clos sur lui-même (Las viudas de los jueves). Il est probable que les milieux clos favorisent l’élaboration d’intrigues et déclenchent une catharsis. Dans Verona, elle a choisi une atmosphère de détachement réel, puisque que les sœurs de l’histoire en question décident d’abandonner la pièce où elles fêtent les 70 ans de leur mère, pour régler des questions personnelles dans les toilettes de la maison, très grandes, ressemblant à un édifice antique. La mère, Amanda, souffre d’une maladie nerveuse et elles ne trouvent pas de meilleur endroit que celui-ci pour exprimer ce qu’elles ressentent. « Un lieu de grande intimité, plus que celui habituel de la cuisine. », note Piñeiro.

- Hilda Cabrera : Il existe vraiment, comme il nous est ici donné d’entendre, un monde de femmes ?
- Claudia Piñeiro : Le monde qui se cache derrière les rideaux d’une maison est généralement celui des femmes, bien différent de celui que l’on prétend montrer à l’extérieur. Ces sœurs discutent pour savoir qui va prendre en charge leur mère malade ; ce sont des choses qui arrivent dans les familles et fréquemment dans les relations qui s’établissent entre sœurs ou frères, toujours très primaires.

- Hilda Cabrera : Dans quel sens ?
- Claudia Piñeiro : Parce qu’elles font partie d’un apprentissage que nous développons ensuite face à des étrangers. Parfois on se surprend à parler avec nos propres frères comme lorsque nous étions enfants. Comme si nous menions ces combats toute la vie, telles des marques sur le corps.

- Hilda Cabrera : Et que se passe-t-il, quand se produit une rupture ?
- Claudia Piñeiro : Dans une famille comme celle que nous montrons dans Verona, on peut tout dire sans crainte qu’il y ait une rupture.

- Hilda Cabrera : A quoi est due votre prédilection pour raconter des histoires sur la sensibilité des femmes ? Dans votre précédente mise en scène, celle d’Un mismo árbol verde, les personnages qui racontent des événements du passé et du présent étaient une mère et sa fille…
- Claudia Piñeiro : Dans le roman Las viudas de los jueves, apparaissent des personnages masculins, mais il est certain que ceux qui comptent sont des femmes. Dans Un mismo árbol verde, c’était voulu. Ça m’intéressait que ces massacres d’Arméniens soient racontés par des femmes, elles qui précisément vivent dans une société machiste. Une société dans laquelle c’est aussi les grands-mères qui racontaient les histoires du passé. J’avais aussi l’impression que la lutte pour la survie venait du côté de la femme et de sa capacité à sortir de situations extrêmes.

- Hilda Cabrera : Il est indispensable d’être ou de se sentir acculé pour créer une catharsis ?
- Claudia Piñeiro : Quelqu’un qui se trouve dans une situation d’enfermement et qui a conscience de ne pouvoir s’échapper, sait néanmoins qu’il ne pourra éviter le conflit. Et c’est ce qui arrive aux personnages de Verona. En réalité, dans cette œuvre, ce qui m’est apparu en premier n’était pas ce conflit, mais l’image de sœurs dans les toilettes de la maison. Puis s’est présentée une autre image, celle de la mère malade, et par la suite a surgi le débat pour savoir qui la prend en charge.

- Hilda Cabrera : L’image est toujours source d’inspiration ?
- Claudia Piñeiro : J’ai d’abord travaillé comme comptable, et puis un jour je me suis décidée et j’ai tout quitté pour écrire. J’ai commencé par la littérature, j’ai eu des professeurs et je me suis formée en tant que scénariste avec María Inés Andrés. C’est ce qui m’a donné quelques idées sur la représentation scénique. Puis, quand j’ai commencé à étudier avec Mauricio Kartun, j’ai compris alors que le plus important était l’image dans l’écriture. Pour Un mismo árbol verde, il fallait qu’il y ait beaucoup d’images. C’était une histoire difficile à raconter, car c’est dur d’aborder le génocide, que ce soit celui des Arméniens, des Juifs ou d’autres peuples. On ne peut s’empêcher de penser à ce qu’a écrit Theodor Adorno et à la question qu’il pose : comment écrire de la poésie après Auschwitz ? Je dirai que oui, qu’on peut écrire, mais pas comme avant. Parfois, en voulant éviter d’être impertinents, nous finissons par éluder ces sujets et je pense que ce n’est pas une bonne chose, qu’il est préférable de les traiter et d’en parler, même si nous nous trompons.

- Hilda Cabrera : Que vous apporte l’écriture scénique ?
- Claudia Piñeiro : Le théâtre me sort de la solitude, parce que c’est un travail qui se fait en groupe et qu’en outre je peux achever plus rapidement. Un roman me demande deux ou trois ans d’écriture et je dois me forcer pour sortir de moi-même. Le théâtre m’expose sans intermédiaires. Quelque part, j’associe les premières à des accouchements. J’ai trois fils et mon gynécologue me dit que nous, les femmes, nous développons une amnésie post-partum, car nous oublions rapidement la douleur et après quelques mois nous pensons à avoir un autre fils. A la première de Verona, je me disais en moi-même qu’il doit y avoir une amnésie post-début, parce que je souffre énormément de cette exposition et néanmoins je désire écrire d’autres œuvres. Ça n’arrive pas avec les livres, car si l’un marche bien, je reçois des éloges, et s’il ne marche pas, je souffre, mais toute seule, à la maison, ou j’assume entre amis. Je ne le sais pas non plus tout de suite, mais après des jours ou des mois, par les commentaires de presse. Au théâtre, en revanche, on sait tout de suite comment réagit le public. C’est une expérience très forte, unique.

[NdT : Entretien réalisé en avril 2007.]

_____________

Source : http://www.pagina12.com.ar/diario/suplementos/espectaculos/10-6036-2007-04-15.html
Traduction de l’espagnol : Georges Festa – 07.2009 – Tous droits réservés.

 

Par larouge • Pineiro Claudia • Vendredi 12/02/2010 • 0 commentaires  • Lu 294 fois • Version imprimable

Les Veuves du jeudi

Les Veuves du jeudi
de Claudia Pineiro (Auteur), Romain Magras (Traduction)




 

Broché: 314 pages
Editeur : Actes Sud (1 mai 2009)
Collection :
ROMANS, NOUVELL


Au-delà des grillages et des barrières de sécurité se cache un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires ; un havre de paix pour “gentlemen, à l’abri du tumulte d’une capitale grouillante et tentaculaire. Ici, on est entre gens de bonne compagnie. Une poignée d’amis se réunissent chaque se maine, loin des regards, pour discuter entre hommes. Les épouses, exclues de ces soirées, s’appellent avec humour “les veuves du jeudi”. Un veuvage somme toute agréable, jusqu’à ce funeste jour de la fin septembre 2001 où la plaisanterie s’avère prémonitoire : les hommes sont retrouvés électrocutés au fond d’une piscine. L’attitude du seul rescapé laisse à penser que ce pourrait ne pas être le tragique accident qu’il y paraît. Derrière les façades clinquantes on découvre les grands secrets et les petites misères de ces nantis. Le regard est ici sans complaisance sur une société hypocrite et ostentatoire, dénuée de scrupules, tandis qu’approche l’effroyable crise économique qui a mis l’Argentine à terre. Déliquescence, chute annoncée d’une bourgeoisie affairiste, à mesure que la situation économique se dégrade croît l’impérieuse nécessité de nier l’évidence, de maintenir à toute force ce standing garant d’un certain statut social. Jusqu’à choisir l’impensable pour préserver les siens, les mettre définitivement à l’abri, tant du besoin que de la médiocrité de la plèbe.
 

 


Par larouge • Pineiro Claudia • Vendredi 12/02/2010 • 0 commentaires  • Lu 234 fois • Version imprimable

Elena et le roi détrôné


Elena et le roi détrôné
Claudia Piñeiro , Claude Bleton 

 

 

 
 

Par larouge • Pineiro Claudia • Mercredi 09/03/2011 • 0 commentaires  • Lu 311 fois • Version imprimable

à propos de Elena et le Roi détroné

 Elena et le Roi détroné, de Claudia Piñeiro
→ plus
Par larouge • Pineiro Claudia • Mercredi 09/03/2011 • 0 commentaires  • Lu 388 fois • Version imprimable

Betibou

 

Betibou [Broché]

Claudia Piñeiro Romain Magras  






  • Broché: 448 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (13 février 2013)
  • Collection : ROMANS, NOUVELL

 
Dans un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires, un “country club” auquel on n’accède qu’après des contrôles dignes du quartier général de la CIA, un homme est trouvé, la gorge tranchée. Tout porterait à croire qu’il s’agit d’un suicide si, quelques années auparavant, son épouse n’avait connu le même sort. Vengeance ? Règlement de comptes ? Le scoop parvient chez un vétéran des faits divers du journal El Tribuno, en délicatesse avec sa direction qui l’a muté à la rubrique “société”. La mort dans l’âme, il transmet l’information au novice du service qui ne jure que par son et Google. Toute la presse s’empare rapidement de l’événement et le rédacteur en chef du journal décide de dépêcher au Country Nurit Iscar, une ex-écrivain, alias Bétibou quand elle était sa maîtresse, pour qu’elle livre des chroniques depuis l’intérieur du “sanctuaire”. Les trois comparses s’y retrouvent et, au rythme des meurtres qui s’accumulent, constatent rapidement que leurs propres déductions sont étrangement éloignées de celles de l’inspecteur en charge de l’affaire. Les différentes étapes de l’enquête, minutieusement concomitantes avec des ruptures dans le cours de la vie des protagonistes, sont prétextes pour Claudia Piñeiro à une étude extrêmement pertinente sur les forces en puissance dans la société argentine contemporaine : une presse inféodée au pouvoir, des forces de sécurité garantes du crime organisé, une caste de privilégiés omnipotents déconnectés de la vie réelle. Chaque personnage est mis en scène à un moment charnière de sa vie et se trouve face à une question. Nouveau roman, après un échec cuisant, pour l’écrivain ? Départ à la retraite pour le vieux chroniqueur dépassé ? Démission pour le jeune déjà asservi ? La réponse conduit chacun à opter pour une forme d’éthique, intime ou professionnelle. Et c’est bien la conjugaison de ces choix personnels, aussi insignifiants qu’ils puissent paraître à l’échelle macroscopique, qui infléchit les valeurs d’une société.

 
 

Par larouge • Pineiro Claudia • Samedi 02/02/2013 • 0 commentaires  • Lu 100 fois • Version imprimable

Calendrier

Février 2010
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

Archives par mois


liens amis