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Rodrigo Frésan



FRESÁN, Rodrigo
[ARGENTINE] (Buenos Aires, 1963 — ). Journaliste, critique gastronomique, littéraire et cinématographique, il a publié des nouvelles et des romans : L'Homme du bord extérieur (1991), autobiographie d'un écrivain sur fond de guérilla, de répression et de disparitions ; Viajos de santos (1993) ; Trabajos manueles (1994) ; Esperanto (1995), évocation de sept jours de la vie d'un homme ; Mantra (2001).
 
  ...né à Buenos Aires en 1963, il vit à Barcelone. Depuis 1984 il a exercé le métier de journaliste dans de nombreux medias, en écrivant sur la gastronomie, la musique, le cinéma ou bien en tant que critique littéraire. Il est aujourd''hui considéré comme l'' un des chefs de file du renouveau littéraire latino-américain et vit à Barcelone. Rencontre organisée dans le cadre de Belles Latinas en partenariat avec Espaces Latinos

Les romans de Fresan, écrivain argentin, sont des autobiographies fragmentées, accueillant le bruit de la planète : musique, littérature, faits divers, mythologie pampera, guerre des Malouines... Un matériau sauvage y est couché à l'état brut. La conscience du narrateur est une salle d'agence de presse, où l'on ne trie pas : s'y télescopent autant des informations de toutes provenances, que les flux de souvenirs d'enfance, les rêves, désirs, espoirs…


— L’Homme du bord extérieur (Historia argentina, 1991 ; éd. revue 1993), postface de l’auteur, traduit de l'espagnol par Jean-Jacques et Marie-Neige Fleury. [Paris], Éditions Autrement, « Littératures », 1999, 218 p., 14.95 €.

— Esperanto (Esperanto, 1995), roman, traduit de l'espagnol par Gabriel Iaculi. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1999, 240 p., 21.34 €.

Les Jardins de Kensington

Matra

La Vitesse des chose

Par larouge • Frésan Rodrigo • Dimanche 30/09/2012 • 0 commentaires  • Lu 2070 fois • Version imprimable

Entretien avec Rodrigo Fresan

Entretien avec Rodrigo Fresán (28 mai 2011)
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Par larouge • Frésan Rodrigo • Mercredi 12/10/2011 • 0 commentaires  • Lu 1198 fois • Version imprimable

Le Fond du ciel

Le Fond du ciel

Rodrigo Fresán







Editeur : Seuil (19 août 2010)
Collection :
CADRE VERT


À New York, par une nuit d’hiver, deux jeunes garçons passionnés de science-fiction construisent une planète de neige pour une jeune fille extraordinairement belle qui les regarde derrière sa fenêtre. Le souvenir de ce moment d’amour absolu est ce qui les maintiendra unis alors que leurs routes se séparent et que chacun vit dans des temps différents et des mondes éloignés. Exécuteur testamentaire d’un certain Warren Wilbur Zack, un écrivain de science-fiction mal compris de son époque mais auteur d’un roman légendaire, Isaac Goldman écrit des scénarios pour la télévision et rêve de lents couchers de soleil. Ezra Leventhal, parti pour de lointaines planètes, participe presque simultanément à l’explosion de la première bombe atomique, à la guerre en Irak et à l’attentat du 11 Septembre. Dépassé par le présent, le futur n’est plus qu’une multitude de fins possibles, autant d’apocalypses auxquelles Isaac et Ezra n’échapperont que grâce à la plénitude d’un instant de neige et d’immortalité.

Kurt Vonnegut, Philip K. Dick, John Cheever, Stanislas Lem traversent en filigrane ce merveilleux et extraordinaire roman, très novateur et terriblement borgésien.


Traduit de l'espagnol (Argentine) par Isabelle Gugnon
 

 

Par larouge • Frésan Rodrigo • Mercredi 29/09/2010 • 0 commentaires  • Lu 1161 fois • Version imprimable

à propos de "le fond du ciel"

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Par larouge • Frésan Rodrigo • Mercredi 29/09/2010 • 0 commentaires  • Lu 957 fois • Version imprimable

Vies de saints

Vies de saints

Rodrigo Fresan

 

Éditeur : Passage du Nord-Ouest





 
Broché: 379 pages
Editeur : Passage du Nord-Ouest (20 août 2010)
Collection :
TRAD CONTEMPO

« Signe de croix exécuté, passeport tamponné, c’est au petit matin que le Chasseur de saints - le dernier de sa lignée - quitte le Vatican sous les fientes des pigeons de la place Saint-Pierre. Il n’a pas de temps à perdre, progresse parmi diverses aberrations de la nature : des bonnes sœurs, des Japonais, des canettes vides de boissons cancérigènes, des seringues contaminées, des stands d’ustensiles sacrés tenus par des sicaires. Sa mission : résoudre le mystère qui unit la ville errante de Canciones Tristes, Andy Wharol et le serial killer Sebastián Coriolis aux manuscrits de Qumrân, à J. R. Oppenheimer, à Marilyn Monroe et à Sélène, la gamine tortue ninja. »
 


Raconter des histoires terrestres, la plus part surnaturelles, mais en utilisant le langage religieux de la Bible était, comme on peut le lire dans la note finale de ce livre surprenant, l’intention déclarée de Rodrigo Fresán (Buenos Aires, 1963). Le résultat forme un ensemble de récits s’imbriquant les uns dans les autres, centrés sur des personnages qu’on croirait tout droit sortis d’une version psychologique – car leurs handicaps sont mentaux, pas physiques – du film Freaks, de Tod Browning, pour finir par constituer un roman mutant, extraterrestre, à mi-chemin entre le roman déconstruit et le livre de contes radioactif. Un livre qui par sa thématique extravagante (les élucubrations de plusieurs représentations anthropomorphes de Jésus-Christ, c’est-à-dire de Dieu, et d’un chasseur de saints hallucinés) pourrait faire penser à une version parodique et corrosive du Code da Vinci s’il ne lui était antérieur de plusieurs années. Un livre où l’existence d’un Être supérieur est une question sans intérêt face à la valeur de Dieu comme personnage et comme « machine narrative », un Deus ex machina dont la force symbolique est si forte qu’elle autorise l’attaque la plus égrillarde et la plus crue. Un livre inclassable, conceptuellement et stylistiquement baroque, dont les principes formels se rattachent, comme nous le verrons plus loin, au postmodernisme, mais qui, de par ses caractéristiques propres, occupe une place à part au sein de l’œuvre, en soi-même étrange et provocatrice, de Fresán. Le complexe et foisonnant univers fresanien y est un référent essentiel et, comme cela est expliqué à la fin, nous pouvons découvrir dans ses pages de nombreuses clés pour l’aborder : on y trouve la préfiguration du roman Mantra, la création de la ville errante de Canciones Tristes, déjà présente dans Esperanto, on y retrouve la Fondation et le rockeur La Roca, connus depuis le magnifique recueil de nouvelles L’Homme du bord extérieur, mais comme nous n’avons pas pu confronter cette nouvelle édition avec la première, datant de 1993, nous ne pouvons pas savoir quelles apparitions sont là depuis le début et lesquelles font partie des « inserts » que l’auteur reconnaît avoir glissés a posteriori (ce qu’il a fait aussi dans la deuxième édition de L’Homme du bord extérieur ou la quatrième édition, française, de La Vitesse des choses.)

Vies de saints est, avec Mantra et Esperanto, une des œuvres majeures de Fresán, ce qui revient à dire de toute la littérature en langue espagnole récente. Cumulant l’ambition démesurée et vitriolée de Mantra, la désolation et la musique d’Esperanto, Vies de saints est un collage de cauchemars, débordant de ces trouvailles dont Fresán a le secret : « Le monde des autres a disparu, comme le nitrate de ces films muets où tous les personnages trébuchent et courent derrière quelque chose dont ils ne savent pas bien ce que c’est. » « Au début était le Verbe et le Verbe était croire. » « Il me dit […] de lui demander ce que je voulais. Je lui demandai si Dieu existe. Il me répondit que l’important n’était pas que Dieu existe mais que ce soit un grand personnage. Je lui rétorquai que ce n’était pas une réponse. Il me répondit que si j’y réfléchissais un peu, ma question n’était pas non plus une question. » Dans un passage, un des personnages fait allusion à la condition fragmentaire de toutes les histoires, et de toute narration possible. Disons que, à mi-chemin entre le roman choral et le livre de nouvelles entrecroisées, Vies de saints est un grand balbutiement, où le bégaiement consiste non en la répétition de mots mais en la reproduction de boucles stylistiques, en omettant les interjections. L’auteur a recours à des éléments syntaxiques et sémantiques « samplérisés », qui donnent une consistance homogène à son style. Fresán crée ainsi (rendant au passage hommage à l’un de ses maîtres, Burroughs) une poétique dont il applique l’esthétique non seulement au récit mais à la narration même. Comme l’a écrit Carmen África Vidal, dans le récit postmoderne « le texte finit par être un objet sans vecteur […] c’est une production, un résultat qui paradoxalement se trouve en état de flux constant, complètement dépourvu de centre ou d’origine […], un cumul de fragments apparaît, une série discontinue, rien ne reste définitivement, seulement le devenir essentiel du fragment ». (Vers une pataphysique de l’espoir. Réflexions sur le roman postmoderne, université d’Alicante, 1990, p. 39.) À ce propos, les allusions à la nécessité d’un mouvement perpétuel sont suffisamment révélatrices de cette condition de « flux constant » du texte fresanien, même si plus que de flux conscient on pourrait parler de « flux d’inconscience » : plus Artaud que Woolf. Mais le postmodernisme, dans Vies de saints, ne se limite pas aux aspects formels. Le livre est truffé d’innombrables anecdotes égrillardes et de désopilantes scènes d’un surréalisme seulement comparable à celui de Greg Saunders, qui pourraient amener certains lecteurs à penser que Fresán devrait consulter un psychiatre (ou un psychanalyste), mais les choses ne sont pas si simples. Rien dans ce réalisme hallucinogène n’est désorganisé. Le genre de folie de ce livre, comme d’autres de Fresán, n’est pas une névrose mais une psychopathie : c’est un esprit froid qui programme ces implacables et sérieuses énormités, avec une cosmovision très cruelle de l’humanité, dans la lignée de Ballard. Même chose pour l’apparent chaos de références. Les livres de Fresán sont une caisse de résonance de la culture pop de son époque : musique, paroles et images rock, séries B, films en noir et blanc et en technicolor, littérature pulp et bonne science-fiction, pop-art, mythes créés ou sacralisés. Toute cette globalisation iconographique entre dans l’œuvre de Fresán – et c’est ce qui le distingue des autres écrivains – consciemment et joyeusement, il savoure l’examen de ces matériaux dont la frivolité contraste avec le naturel mélancolique et un peu fataliste de l’auteur. Fresán est « actuel » et fashion par légitime défense, pour ne pas se laisser vaincre par l’accablement et éviter d’écrire vingt suites au Livre de l’intranquillité de Pessoa ; comme le fait remarquer C. África Vidal, dans le roman postmoderne la tragédie n’est pas bien vue, et son absence est vécue comme un « déchirement » (op. cit., p. 41). Il est préférable d’adopter la poétique de Burroughs et de faire de la littérature un lieu où reconnaître la dissolution du monde et la volonté de « le reconstruire en constructeur absurde, décadent, parodique ou personnel, mais, en tout cas, créatif » (Ibab Hassan, The Dismemberment of Orpheus, Oxford University Press, New York, 1971, p. 98). Cette tension entre le métaphysique et le banal, cette conception microscopique du grand, rend l’écriture de Fresán unique, son discours sait opérer le miracle de faire alterner des éléments très dangereux sans brusquerie ni interruption, en aiguisant leurs arêtes avec ironie. L’agilité proverbiale de ces pages éblouit le lecteur, qui saute le plus naturellement du monde d’une image théologique à une autre de dessin animé, sans marquer de différences stylistiques. Fresán est le summum de la postmodernité, certes, mais sa frivolité est contrebalancée, son irrévérence est solennelle et son ironie triste, ce qui nous oblige, nous, lecteurs, à regarder au-delà de ce qui nous est raconté, pour découvrir ce qu’il veut nous dire. Comme Ronald Sukenick dans The death of the novel (1969), Fresán croit qu’il faut faire des livres ludiques mais, contrairement à lui, il ne pense pas que cela exclue la possibilité d’une « grande œuvre ». Sa façon d’unir ces deux extrêmes est claire : parler de façon ludique des choses profondes et graves qu’il veut aborder. Et ce que souhaite évoquer ici Fresán, de façon déguisée mais pas cachée, est peut-être la rapacité de l’être humain, capable de monter en grade dans une Église pour satisfaire non sa foi mais sa soif de pouvoir. Peut-être veut-il nous dire aussi que l’histoire humaine n’est qu’apparence, notre vie bruit et fureur, et tout pouvoir – terrestre ou divin – un assassinat. Des sujets presque shakespeariens, très sérieux, des chansons tristes que Fresán ne peut ni ne veut raconter d’une autre façon. Et c’est très bien comme ça.

source: www.lekti-ecriture.com/editeurs/Vies-de-saints.html
 

 


Par larouge • Frésan Rodrigo • Jeudi 29/07/2010 • 0 commentaires  • Lu 936 fois • Version imprimable

à propos 2 de "La vitesse des choses"

DANS LA PRESSE

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Par larouge • Frésan Rodrigo • Mardi 22/09/2009 • 0 commentaires  • Lu 795 fois • Version imprimable

La Vitesse des choses

La Vitesse des choses
de Rodrigo Fresan









Broché: 636 pages
Editeur :
Passage du Nord-Ouest (4 septembre 2008)
Collection : PASSAGE DU NORD


«[...] Balthazar Mantra a lancé la mode de faire couler le sang des vivants dans les veines des morts afin de préserver leurs souvenirs et leurs histoires. De leur côté, les Moines Mantra s'obstinent à croire que Balthazar Mantra n'a jamais été une personne, mais une chose : ce vent secret qui souffle sur les humains chaque fois qu'ils prennent conscience de la mort ou - c'est du pareil au même - chaque fois que la mort prend conscience d'eux. Ce vent qui souffle à présent sur moi...
Je suis arrivé là en poursuivant la légende de Balthazar Mantra, auteur aussi mythique que radical de La Vitesse des choses. La vitesse des choses est la vitesse de la mémoire. La mémoire est tout. L'oeuvre est la mémoire. [...] Le son de la vitesse des choses est celui que Dieu produit quand il respire si loin de nous. On le retrouve un peu dans la seconde où les marées changent ou dans le craquement du premier flocon de neige se détachant des cieux.
Voici l'histoire de ma deuxième mort... Je suis le disciple obligé d'un maître, le traqueur d'ossements historiques, l'amateur de bibliothèques décédées, le salaud poursuivi par le fantôme de sa petite soeur dépourvue de bras et, à nouveau, l'écrivain argentin qui a survécu à tous les cataclysmes.»
Pour des raisons évidentes, les précisions que nous aimerions apporter sur cet écrivain de livres mutants nous échappent, d'autant plus que pour cette édition française, d'autres récits sont venus s'ajouter à l'ouvrage. [...] Chaque fois que j'écris sur La Vitesse des choses, je suis obligé de lire les nouveaux récits que Fresán a adjoints à son livre infini, qui est devenu finalement celui que j'ai le plus lu de ma vie.
Enrique Vila-Matas
 

Par larouge • Frésan Rodrigo • Samedi 27/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 512 fois • Version imprimable

à propos de "La vitesse des choses"

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Par larouge • Frésan Rodrigo • Samedi 27/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 537 fois • Version imprimable

Esperanto

Esperanto
de Rodrigo Fresan






 
Rodrigo Fresan
Gallimard , 1999

Vedette du rock des années soixante-dix, Federico Esperanto s'achemine, sans trop le savoir, vers un règlement de comptes. Des deux femmes qu'il a aimées, l'une, son épouse, est dans un asile psychiatrique, s'entretient avec le Christ et attend son ultime délivrance ; l'autre a disparu, avec ses amis guérilleros et sa fille Anita, lors d'une opération antiterroriste menée par le colonel Soldán, alias Le Messie de Feu. Esperanto, que personne ne comprend, en a perdu la voix. Ni son analyste, le docteur Lombroso, ni son seul ami, La Montaña García, ne peuvent lui rendre le don du chant. Mais un jour, dans une discothèque où le hasard l'a conduit, Esperanto rencontre une jeune fille, qui se fait appeler Big Bang. Celle-ci, après avoir sniffé quelques lignes d'une nouvelle drogue aux effets surprenants, va lui faire découvrir l'insoupçonnable. Quand l'histoire commence, Esperanto a assouvi sa vengeance... Ce roman fait appel à l'humour et à la provocation pour bousculer l'hypocrisie d'une société qui veut tout pardonner pour mieux oublier.

Traduction de l'espagnol par Gabriel Iaculli.
 

Mantra

Mantra
de Rodrigo Fresan




 
Broché: 498 pages
Editeur :
Passage du Nord-Ouest (6 septembre 2006)
Collection :
PASSAGE DU NORD



Il est possible que Mexico soit une tumeur géographique. Ce qui est sûr et certain, c'est que cette ville ne cesse de grandir. Comment faire tenir tout Mexico dans un livre ? C'est ce que je me suis proposé de faire dans ce roman démontable qu'est Mantra. Je trouvais intéressant qu'un livre sur une ville aussi gigantesque qu'un pays puisse correspondre à la forme et à l'esprit qui l'avait inspiré. De là la monstruosité de Mantra, qui est presque une aberration littéraire où les narrateurs se transforment en d'autres narrateurs (le roman commence sur le récit d'une tumeur cérébrale et se poursuit dans la bouche d'un mort français qui raconte ce qui se passe dans un inframonde précolombien ; il se conclut entre les dents et la langue d'une sorte de momie-robot qui cherche son père dans les ruines futures d'un District Fédéral apocalyptique où le temps est circulaire et où les morts relatent l'histoire)...
J'irai même plus loin : je crois que Mexico est franchement une autre planète où culture terrienne et culture extraterrestre s'entrechoquent. [...] C'est un grand cut-up, un crack-up, un up-up en soi, un tremblement de terre permanent. " 
 
 


à propos de Mantra:

Avec déjà six romans, Rodrigo Fresán s’affirme comme le plus doué des jeunes écrivains argentins. Pour preuve, son dernier livre, Mantra, un récit à l’humour féroce qui décortique la capitale mexicaine.

Parmi les nombreux romans qui traitent du Mexique, les meilleurs sont probablement anglais, et certains, nord-américains. D.H. Lawrence a écrit un roman volontaire, Graham Greene un roman moral et Malcolm Lowry un roman total, c’est-à-dire un récit qui plonge dans le chaos et essaie de lui donner un ordre. Peu d’écrivains mexicains contemporains, à l’exception peut-être de Carlos Fuentes et de Fernando del Paso, se sont lancés dans pareille entreprise, comme si un tel effort leur était interdit ou comme si ce que nous appelons le Mexique, qui est à la fois une forêt, un désert et une foule bigarrée sans visage, était un territoire réservé aux seuls étrangers. L’Argentin Rodrigo Fresán remplit cette condition, ainsi que d’autres, pour écrire sur le Mexique. Mantra est un roman kaléidoscopique, marqué par un humour féroce, parfois excessif, écrit avec une prose d’une précision rarissime qui se permet d’osciller entre le document anthropologique et les délires de fin de nuit d’une ville, celle de Mexico, qui se superpose aux autres cités de son sous-sol comme si elle était un serpent s’avalant lui-même.

Roberto Bolano


source: www.loeilauvert.com/blog/


Les Jardins de Kensington

Les Jardins de Kensington
de Rodrigo Frésan





 

Broché: 400 pages
Editeur :
Seuil (28 août 2004)
Collection :
Cadre vert



Peter Hook, auteur de best-sellers pour enfants, raconte en une nuit à un petit garçon l'histoire de sir James Matthew Barrie, l'auteur de Peter Pan. Il évoque le Londres de l'ère victorienne, les jeunes années de Barrie marquées par la mort de son frère David, ses pièces de théâtre, sa célébrité et sa relation très étroite avec les enfants Llewelyn Davies, modèles de Peter Pan. Mais, en double maléfique de Barrie, Peter Hook met en scène sa propre vie à l'époque des Swinging Sixties, des Beatles et des beatniks, et celle de son jeune personnage, Jim Yang, qui voyage dans le temps pour ne pas grandir. Biographie romancée explorant la naissance de l'enfance au début du XXe siècle, récit torrentiel, halluciné et inquiétant sur les années psychédéliques, Les jardins de Kensington est une vision sauvage et fantasmatique de l'enfance comme territoire limitrophe avec la mort. C'est aussi la tentative de saisir le moment exact où un personnage réel se transforme en personnage de fiction, où l'écrivain se désintègre, dévoré par l'éternelle jeunesse de ses créatures. Avec ce roman inclassable, puissant, transgresseur, Rodrigo Fresan s'impose bel et bien comme un auteur incontournable.

à propos de "Les Jardins de Kensington"

Rodrigo Fresan, l’un des chefs de file du renouveau littéraire latino-américain, offre avec Les Jardins de Kensington un roman excessivement british. Peter Hook, auteur de best-sellers pour enfants, y raconte la vie du créateur de Peter Pan, James Matthew Barrie. Si le sujet, comme la présentation du livre (deux gravures et des titres de chapitre en cursive) nous installent a priori dans l’univers fantastique et naïf de la littérature enfantine, les premières pages nous détrompent vite et définissent l’ambiance tragique qui domine en fait tout le roman. En décrivant en détails la vie de Barrie, Fresan traite moins de l’ailleurs féerique qu’il a créé que des conditions de malaise qui l’ont mené à cette création. David, le frère aîné de Barrie, meurt alors qu’il a six ans et laisse une mère qui, obsédée par le fantôme de son fils préféré, ignore dès lors son cadet, "ce qui le marquera toute sa vie et qui, des années plus tard, finira par expliquer la légende d’un enfant pétrifié dans le temps". Puisque le petit mort est entouré d’une telle aura d’adoration, Barrie se réfugie dans l’univers de la littérature, voulant faire naître des personnages qui sont autant de fantômes sublimes et immortels. Les mécanismes psychologiques à l’œuvre dans l’action comme dans la nécessité d’écrire, s’articulant autour de thèmes paradoxaux et ténus comme l’enfance et la mort, l’imaginaire et les fantômes, sont mis à nu avec subtilité par Fresan. Peter Hook, le narrateur, est une sorte de double de Barrie transposé à notre époque, un double qui allie dans son pseudonyme Peter Pan et le capitaine Crochet (Hook), et dont le Peter Pan, Jim Yang, est un enfant éternel navigant à volonté dans le temps grâce à sa "chronocyclette". Fils du chanteur des Victorians, un célèbre groupe des années 60, il a côtoyé dans son enfance Dylan, Hendrix et Birkin, et met en parallèle le Londres des "swinging sixties" hanté par toutes ses stars qui étaient à leur manière des enfants refusant de vieillir, avec l’époque victorienne de Barrie et de Lewis Caroll, qui fut la première a vénérer l’enfance.
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L'homme du bord extérieur

L'Homme du bord extérieur
de Rodrigo Frésan





Broché: 224 pages
Editeur :
Autrement (30 avril 1999)
Collection :
Littératures


"À mon humble avis, Laurence d'Arabie est le paradigme de l'homme du bord extérieur. Le bord extérieur, c'est cet endroit imprécis où il n'y de place que pour un seul homme. Ce n'est pas un côté, ce n'est pas l'autre, ce n'est pas telle idéologie, ni telle autre. C'est tout simplement, le bord extérieur. Et choisir son bord extérieur, c'est choisir la plus euphorisante des solitudes. Tout à coup, tous les nœuds peuvent se défaire, et toutes les serrures cèdent sous la poussée irrésistible d'aventuriers solitaires brandissant leur propre drapeau. C'est mon grand-père Baptiste. C'est Corto Maltese. C'est moi, Lucas Chevieux, chef du commando Général Cabrera, à l'heure actuelle en train de remplir à Paris, France, la plus secrète des missions..." Rodrigo Fresán aime les livres qui vont "de A à B en passant par Z" et, dans le désordre, le rock, Bioy Casares, Borges, Vonnegut, Tim Burton, Cortázar, Capra et Hooper. Dans L'homme du bord extérieur, entre Buenos Aires, Londres et ailleurs, il fait un portrait, brillant, grinçant et drôle de l'Argentine des années quatre-vingt-dix.

 

 


à propos de L'homme du bord extérieur

L'homme du bord extérieur
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