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à propos de "Le Mal dans la Peau

Par larouge • Bañez Gabriel • Mercredi 11/04/2012 • 0 commentaires  • Lu 520 fois • Version imprimable

 Blog Olympique

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Gabriel Báñez : Le mal dans la peau (Hacer el odio, 1985, traduit de l’espagnol- Argentine- par Frédéric Gross-Quelen)- Éditions la dernière goutte

Une Obsession maligne

Gabriel Báñez, dont les Éditions la dernière goutte ont entrepris de faire connaître au lectorat français sa prose rare, présente ici la vie au fil de l’eau d’un jeune antisémite argentin.

Damien Daussen, un ancien séminariste de 26 ans devenu veilleur de nuit à la faculté de médecine de sa ville, La Plata, vivote et s’ennuie. Son existence s’écoule platement, dans une espèce de torpeur d’où surgissent quelques indications sur son parcours d’extrême droite, ses obsessions racistes qui lui font, une nuit, recouvrir d’inscriptions antijuives, les murs de la faculté. S’y ajoutent des références répétées au feu mis à des livres, à l’incendie du théâtre argentin de La Plata.

Mais surtout, sa grande affaire c’est sa liaison avec Rachel, une jeune femme d’origine juive. D’emblée le couvert est mis : « J’admirai sa beauté impure et sémite » dit Daussen ; plus loin il parlera du « contact obscène de sa peau sémite», et du rapport inextricable entre sensualité et violence, qu’il exerce d’ailleurs contre Rachel.

Dans le marigot putride, aux vapeurs méphitiques où baigne son inconscient, la force de l’antisémitisme remonte soudain à la surface, comme une pulsion de mort qu’il ne peut contenir. La langue de Báñez, telle que rendue par le traducteur, ses phrases simples et directes, explicites et descriptives, concourent à cette impression d’un malaise permanent et diffus ; tapies comme la machinerie militaire à l’œuvre dans la ville - nous sommes dans la période de la dictature militaire argentine - les résurgences de la part abominable de l’humanité n’en sont que plus glaçantes.

Implacable dans le développement sans fin de la haine de soi et des autres, le mal dans la peau est le roman définitif sur l’antisémitisme.

Bernard Daguerre


 

 

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