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Une simple possibilité

Par larouge • Baron Supervielle Silvia • Samedi 13/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 611 fois • Version imprimable

  • Currently 5/5

Note : 5/5 (2 notes)

Une simple possibilité
de Silvia Baron Supervielle (Auteur)

 

Broché: 240 pages
Editeur : Seuil (9 mars 2004)
Collection : Cadre rouge

Silvia Baron Supervielle a, jusqu’ici, écrit des textes poétiques, intimistes, à peine romancés. Voici que pour la première fois, elle se lance dans la fiction et elle le fait avec bonheur et élégance, sur une tonalité mélancolique, mais non dépourvue de vivacité et même, par moments, d’humour ou de subtile ironie. Les vingt-cinq nouvelles qui composent ce recueil s’organisent autour d’une longue « novella », racontant un étrange processus d’identification entre une mère et sa fille. La mère est une romancière à succès qui, progressivement, abandonne son œuvre (qui ne compte pas pour elle) pour sa vie. En revanche, la fille, écrivain dans l’âme, s’intéresse de plus en plus à la littérature et finit par devenir elle-même écrivain en prenant l’identité de sa mère. Toutes les autres nouvelles posent le problème de l’écriture et de l’amour, sous toutes leurs formes. L’apprentissage de la langue, l’apprentissage de l’amour. Certaines affrontent la question directement (comme la Confession) d’autres de façon plus détournée (autour du thème du mysticisme, de la chasteté, de la sensualité). Ces nouvelles sont situées pour la plupart en Argentine, à Buenos Aires ou dans la campagne (les chevaux y ont une grande importance). Certaines sont bouleversantes : l’homme qui était incapable d’aimer, celui qui est atteint d’une rupture d’anévrisme, la femme qui veut rompre avant que sa liaison ne devienne médiocre. Tout est abordé avec une grande subtilité. Il y a comme un sentiment général d’exil et d’abandon, typique de la littérature argentine, qui rapproche Silvia Baron Supervielle de Borges et du brésilien Harry Laus. Silvia Baron Supervielle, à travers des destins imaginaires et réels (quelques références à sa propre vie), décrit des amours impossibles ou difficiles, avec, en arrière-fond, une réflexion sur la création, l’écriture, la perception poétique du monde. C’est la première fois qu’elle s’engage dans la fiction avec autant de passion. La nouvelle centrale (la plus longue) est un petit chef-d’œuvre.

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