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Le saint cleptomane et la fille au vagin doré

Par larouge • Krantz Pablo • Mercredi 01/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 936 fois • Version imprimable

Le saint cleptomane et la fille au vagin doré
de Pablo Krantz (Auteur)






 
Broché: 258 pages
Editeur : Les Petits Matins (6 octobre 2005)
Collection : PETITS MATINS

Autrefois, Pablo Krantz croyait que sa vie, comme celle de chaque personne sur Terre, était une sitcom destinée à une galaxie lointaine. Quelque part dans l'univers, une famille extraterrestre regardait la télé à longueur de journée en suivant ses aventures. Il faisait de son mieux pour que son émission soit la plus réussie possible. Mais il n'était pas sûr que les téléspectateurs puissent voir ses pensées ou ses rêves. Alors, parfois, quand il avait une histoire ingénieuse à raconter, il fixait un coin du plafond - là où il pensait que les caméras se trouvaient - et la chuchotait, avec tout le naturel possible. C'était sa façon de remédier à l'éternelle dissolution du présent dans le passé.
 


L'imagination, associée à une âme d'enfant, est certainement l'engrais le plus puissant que la science botanique puisse concevoir. Agissant sur les souvenirs et les idées les plus anodines comme un booster transformateur, elle les gonfle comme des baudruches s'envolant dans le ciel, sans que la dure réalité, cette rabat-joie, n'ait quelconque prise sur eux. Au fil de ses nouvelles, l'imagination de Pablo Krantz convie le lecteur dans un trip hallucinatoire à bord d'une montgolfière à l'hélium, du haut de laquelle on contemple le passé et le présent se diluant sous l'auspice de la joie triste mais délicieuse de la nostalgie. Du passé resurgissent ainsi des fantasmes comme la fille au vagin doré, celle dont le visage quasi stupide et l'ignoble goût vestimentaire cachent en fait l'un des vagins les plus lubrifiés de cette partie du monde. Du présent ressort cette hilarante histoire où le narrateur se fait signifier par son ami Claudio qu'aucun écrivain ne devient célèbre pour ce qu'il écrit mais plutôt pour ce qu'il est, à savoir un alcoolique, un aveugle, un pied bot, ou mieux encore, le fils d'un officier nazi. En fin de compte, Pablo Krantz l'avoue lui-même : il finit toujours par écrire la même histoire, certes, mais universelle. Celle d'éternels petits garçons qui feignent d'être des hommes en pilotant les manettes du robot en forme d'adulte dans lequel ils ont été enfermés contre leur gré, comme nous tous.

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