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La vie entière

Par larouge • Martini Juan • Mardi 07/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 658 fois • Version imprimable

La Vie entière
de Juan Martini






 


Broché: 278 pages
Editeur : Maurice Nadeau (19 mai 1998)

C'est une vaste fresque qui tente d'enfermer dans un seul livre la totalité de l'Argentine d'hier et d'aujourd'hui. Martini a inventé un espace métaphorique, une immense estancia, Encarnacion, site de l'exploitation par le travail, et son bidonville-lupanar attenant, Rosario. Deux lieux qui ont chacun leur empereur régnant sur tripots, bordels et autres salles de jeux, régis par un code d'échanges qui est la réduction au local de la totalité du système dictatorial si longtemps en vigueur dans le pays. Deux mondes, deux milieux sociaux en miroir, une même corruption, un même désespoir. Mais il y a aussi la vie, la simple pulsion qui traverse et anime la galerie des portraits brossés, estampés plutôt, qui trouve son écho dans une langue, des langues extraordinairement chatoyantes, rugueuses, instables, drôles, truffées de références et de sous-entendus (hommage au traducteur), la vie entière, quoi : indestructible.
Encarnación, dans la plaine argentine, le Scorpion, propriétaire foncier, vieillissant et cruel, fait régner sa loi sur une ville de tripots et de bordels. Non loin, au bord des marécages, le Bidonville de Rosario recueille prostituées décaties, visionnaires, "apôtres" et guérisseurs chassés de la ville. Encarnación et Rosario sont le théâtre de combats acharnés pour le pouvoir, qu'il s'agisse de tripots, de femmes ou de terres. Intrigues, complots, expéditions punitives. Le Scorpion est au seuil de la mort et, dans le Bidonville, la mort du patriarche a engendré une crise de succession à rebondissements. La Vie entière constitue une vaste métaphore de l'Argentine, dépeinte dans son histoire et son état présent comme le lieu de tous les trafics et de toutes les corruptions. Un tableau grouillant de personnages pittoresques, truculents ou insolites, hauts en couleur, dont les traits se révèlent peu à peu à travers une écriture puissamment rythmée, à la fois réaliste, voire argotique, et en même temps hautement évocatrice, poétique. "Un feu amer", selon le mot de Julio Cortázar. La France est un des derniers pays à publier un ouvrage depuis longtemps célèbre dans d'autres langues. La traduction de Christophe Josse, qui a nécessité des années de travail, est tenue pour un tour de force.
 

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