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La Estupidez (La Connerie)

mise en scène Marcial Di Fonzo Bo, Elise Vigier

Par larouge • Spregelburd Rafael • Jeudi 16/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 812 fois • Version imprimable

La Estupidez (La Connerie)
de Rafael Spregelburd
mise en scène Marcial Di Fonzo Bo, Elise Vigier


Visions d’un monde survolté
C’est en découvrant, fasciné, la représentation des Sept Péchés capitaux de Jérôme Bosch au musée du Prado à Madrid que le dramaturge argentin Rafael Spregelburd a eu l’idée de produire sa propre version de cette oeuvre. Il s’est aussitôt attelé à la tâche avec pour objectif d’illustrer à sa manière ce qu’il considère comme l’équivalent contemporain des sept péchés capitaux. À la clef, un ensemble ambitieux – encore inachevé – de sept pièces de théâtre intitulé Heptalogie de Hieronymus Bosch. Dans cette série, La Estupidez (La Connerie) occupe la cinquième place, après Le Dégoût, L’Extravagance, La Boulimie et La Modestie. Autant de titres qui, selon l’auteur, ne contiennent aucune ironie. C’est en tout cas avec La Estupidez que le public français va pouvoir enfin découvrir ce dramaturge de trente-huit ans encore jamais joué par chez nous. Et c’est heureux car le théâtre de Rafael Spregelburd ne ressemble à aucun autre. Marcial Di Fonzo Bo, qui connaît bien l’auteur, a eu la riche idée de mettre en scène ce texte décapant. Pour commencer, tout se passe non loin de Las Vegas dans des chambres de motel. Cinq comédiens y interprètent à un rythme d’enfer vingt-cinq personnages tous très agités. Le talent de Spregelburd tenant notamment dans sa capacité à mélanger les formes, à jongler avec des genres très différents. Du mélodrame dans un esprit sitcom au road movie, de Pinter à Tchekhov avec un détour par Quentin Tarantino, on est emporté dans un maelström étourdissant. À sa manière, Rafael Spregelburd met en scène le chaos, c’est-à-dire un monde en dérive qui n’est plus soutenu par une force centrifuge. « Où est la déviance quand il n’y a plus de centre ? La transgression est-elle encore possible quand il n’y a plus de loi fondatrice ? », s’interroge-t-il notamment. Pour faire exister cet univers en surchauffe, Marcial Di Fonzo Bo a fait appel à des comédiens de choix, puisque, outre lui-même, on retrouve à ses côtés Marina Foïs, Pierre Maillet, Grégoire Oestermann et Karin Viard.
Après avoir fait redécouvrir Copi dans des versions aussi drôles que détonantes, Marcial Di Fonzo Bo poursuit son oeuvre de passeur avec cette première mise en scène dans notre langue d’une oeuvre essentielle de Rafael Spregelburd.

Hugues Le Tanneur

source: http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/La-Estupidez-La-Connerie/ensavoirplus/
 

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