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L'Intempérie

Par larouge • Mairal Pedro • Lundi 06/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 833 fois • Version imprimable

L'Intempérie
Pedro Mairal







 
Editeur : Rivages
Publication :5/9/2007
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Denise Laroutis

Que se passerait-il si les aiguilles du temps s’emballaient et qu’un pays remontait le cours de son histoire ? Comment le peuple argentin va-t-il survivre à cette mystérieuse intempérie qui progresse inexorablement et menace de tout réduire à néant?María Valdes Neylan vit à Buenos Aires avec son père. L’avancée de l’intempérie a provoqué un fort exode vers la capitale condamnant une partie de la population à mendier et à voler tandis que des troupes révolutionnaires mettent la ville à feu et à sang pour s’emparer du pouvoir. Devant une telle recrudescence de violence, les habitants du quartier de María se barricadent, s’organisent en comité pour finalement fonctionner en complète autarcie, hors du temps et du monde réel. Des passages sont créés pour passer d’un immeuble à l’autre. Une ville dans la ville. Mais après la mort de son père, la jeune femme décide de traverser ponts et tunnels pour fuir.Dehors, il n’y a en fait plus aucun risque, mais le monde tel qu’elle le connaissait a bien changé. Les riches quittent le pays par bateaux entiers, la plupart des hommes travaillent désormais en usine ou sur les docks, les femmes ont perdu jusqu’au droit de voter. Le pays semble être retourné cinquante ans en arrière. À partir de ce moment, María va n’avoir de cesse de s’enfoncer plus profondément dans cette nouvelle jungle temporelle et se faire, au fil de ses pérégrinations, le témoin de l’inéluctable régression historique de son pays. De ville en ville et de fuite en fuite, María traverse les contrées. Femme de ménage, prostituée, ouvrière dans une collectivité qui a banni toute forme de progrès et qui ne sait plus ni lire ni écrire, elle sera ensuite enlevée par une tribu précolombienne qui la réduira en esclavage, puis recueillie par une autre tribu primitive qui semble être retournée aux origines du langage et de la civilisation. Le pays est dévasté de part en part, ne reste plus que le désert.Au terme de son périple, elle retrouve Buenos Aires qui n’est plus qu’une immense étendue d’eau. Seul s’élève au milieu la tour Garay, où elle travaillait, et ses derniers survivants qui réussiront, non sans mal, à la mettre dans un bateau en partance pour l’inconnu.Évoquant l’imaginaire de Gabriel Garcia Marquez et le tradition romanesque argentine, ce récit, poussé par une langue crue et un rythme échevelé est une métaphore filée jusqu’à la destruction totale, des crises politico-économiques que traverse depuis si longtemps l’Argentine.



 

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