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L’Éternaute

Par larouge • Oesterheld Héctor Germán • Dimanche 21/02/2010 • 0 commentaires  • Lu 1206 fois • Version imprimable

  • Currently 4/5

Note : 4/5 (1 note)


L’Éternaute

Oesterheld, Solano Lopez

 



Il existe des monuments en littérature, des légendes. L’Éternaute en fait partie. Réalisée entre 1957 et 1959 par deux auteurs argentins : Hector German Oesterheld et Francisco Solano Lopez, et publiée par épisodes dans la revue Hora Cero Semanal, cette bande dessinée est rapidement devenue – et est restée – un incontournable récit de science-fiction.

Jamais publiée intégralement en France, la série a connu une autre version sous la plume d’Alberto Breccia dans la fin des année 1960. Celle-ci reprend environ un tiers de l’oeuvre originale et fut publiée en France par Les Humanoïdes Associés en 1993. Vertige Graphic a eu la bonne idée de tenter de réunir l’intégralité du récit original pour le proposer aux lecteurs. Le premier tome est ainsi sorti mi-2009 ; le troisième et dernier tome vient de paraître.

L’Histoire

 

Hector G. Oesterheld

Un homme apparaît un soir dans le bureau d’un écrivain de bande dessinée. Il semble épuisé, comme venant de faire un long voyage dont l’issue est encore incertaine. Il se présente comme l’Éternaute, et commence à raconter son histoire. Un soir, alors qu’il joue aux cartes avec des amis, chez lui à Buenos Aires, Juan voit une soudaine neige phosphorescente se mettre à tomber. Allant à la fenêtre, il se rend vite compte que le moindre contact avec cette étrange substance provoque la mort. Calfeutrés, Juan, sa femme, sa fille et ses amis, essayent de s’organiser pour survivre, sans laisser la panique gagner, envisageant la création de combinaisons hermétiques. C’est le début d’une aventure qui bouleversera la vie de Juan et transfigurera à jamais l’humanité.

Un classique de science-fiction sans aucune ride

Rapidement, les hommes découvrent que les événements cachent une invasion extraterrestre (ce n’est pas une surprise, puisque annoncé en quatrième de couverture du premier tome). Le récit joue alors sur l’angoisse et l’isolement des quelques survivants. Tout rappelle leur impuissance face aux forces interplanétaires en jeux. Les morts sont nombreux à tomber sur leur route, les séparations sont déchirantes, les victoires incertaines et la douleur omniprésente. Alors que les histoires de science-fiction peuvent parfois mal vieillir et perdre en puissance émotionnelle, L’Éternaute reste, dans les années 2000, incroyablement crédible et tout aussi effrayante que si elle était transposée aujourd’hui. Seul le graphisme, définitivement ancré dans les années 50 d’après les vêtements et autres coupes de cheveux, permet de dater cette œuvre. Cela n’enlève pourtant rien de sa dimension atemporelle et contribue même à donner un certain charme à l’univers.

Une aventure à échelle Humaine

Les personnages sont attachants et reflètent plusieurs facettes de l’humanité. Juan est le père de famille, Favallli le scientifique rassurant, Pablo la jeunesse spontanée. Les militaires sont également présents, ainsi que les voisins désespérés, devenus presque sauvages par nécessité de survie. Les rebondissements sont nombreux, de victoires éphémères en défaites cruelles et la triste issue semble inévitable. L’Éternaute est une histoire qui parle à tous ; elle fait parler des peurs et des espoirs universels, un besoin de survie et de sécurité. Aucun aspect n’est épargné, les gentils ne sont pas exempts de failles et peuvent commettre des erreurs dans leur jugement et leurs actions. Peu importe ce qui abrite leur âme, chaque homme est tourné vers un seul but : s’en sortir vivant face à l’envahisseur inconnu et imprévisible. La série est une véritable épopée concernant la Terre entière.

Un gros travail éditorial, une série culte

A la dimension « culte » de L’Éternaute, s’ajoute un caractère de légende suite à la disparition en 1977 de Héctor Oesterheld, enlevé par ses forces armées pour une raison indéfinie et présumé décédé en 1978. Les albums aujourd’hui ont un petit air d’hommage pour cet auteur de génie.
Réunir le récit dans son ensemble a relevé pratiquement d’un tour de force pour l’éditeur. De nombreux appels ont été lancés pour retrouver les planches originales, mais certaines restent encore manquantes. Cela se ressent à la lecture, quelques pages ayant des allures de photocopies et perdant ainsi en détails. Il aura fallu pas moins de cinquante ans à cette magnifique série pour enfin parvenir jusqu’à nous, dans son intégralité et toute sa singularité. Je vous invite à la découvrir sans plus tarder.

source: www.imaginelf.com/2010/02/leternaute-oesterheld-solano-lopez/
 

 


 

 

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