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extraits de "Le saint cleptomane et la fille au vagin doré"

Par larouge • Krantz Pablo • Mercredi 01/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 802 fois • Version imprimable

Ce samedi-là, Harry se leva de bonne heure. Il eut besoin d'un instant - mais juste d'un instant - pour rassembler le troupeau de ses pensées. Pauvre petit berger timide, il criait : « Allons, allons, mes petites brebis ! Le loup nous attend ! » Dans un sursaut, il décrocha le combiné du téléphone, mais le rire insensé de sa sour lui tomba dessus. Il fit un bond, ouvrit la porte de sa chambre et hurla :

- J'ai besoin du téléphone !

Et, sous l'habituelle rafale d'insultes que lui lançait sa sour, Harry, le pauvre Harry - « ce brave Harry », disait sa mère - ne pensait qu'à une chose : pourquoi en arrivait-il toujours au même point ? Il suffisait du numéro de téléphone d'une nouvelle fille, et voilà sa langue qui devenait hélice, ou ancre, ou qui simplement pendait, tel un enchevêtrement d'algues, jusqu'à presque toucher le sol.

Il jeta un coup d'oil à sa chambre soudain incompréhensible. Au vieux pyjama troué de ses dix-sept ans, au travers duquel son corps de vingt-cinq ans s'échappait en toutes directions. À la misère. Aux années perdues.

Toujours sa vocation de séducteur qui se heurtait à l'opiniâtre incrédulité des femmes, et à l'hostilité de sa vieille fille de sour.

Soudain, dans l'appareil en bakélite, les hennissements cessèrent. Il appuya sur six ou sept touches qui semblaient se dérober sous ses doigts et entendit une voix douce, enfantine, à moitié endormie :

- Allô.

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L'assassin se leva de bonne heure

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