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Alberto Manguel

Par larouge • Manguel Alberto • Dimanche 05/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 1042 fois • Version imprimable

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Né à Buenos Aires en 1948, Alberto Manguel a vécu tour à tour en France, en Israël, en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne et à Tahiti. A l’âge de seize ans, alors qu’il travaille dans une librairie, il rencontre le grand écrivain argentin Jorge Luis Borges, rencontre qui marquera son existence toute entière : pendant deux ans, chaque soir, il fera ainsi la lecture au vieux gardien de la Bibliothèque Nationale à Buenos Aires, devenu aveugle. Auprès de lui, il apprend, comme il aime à le raconter, à conjuguer le verbe lire avec le mot plaisir et prend conscience du rapport intime et presque charnel qui peut s’établir entre un texte et son auteur.Essayiste, romancier, critique littéraire, éminent polyglotte et traducteur de réputation internationale, il a publié de nombreux ouvrages. Alberto Manguel est chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres depuis 1996. Devenu citoyen canadien en 1985, il s'est installé en France en 2001.
L'humanisme libéral de Manguel passe à travers le filtre d'une sensibilité hors norme. Juif argentin, père, homosexuel et écrivain qui a choisi d'écrire en anglais mais est entré dans le monde littéraire anglophone par le Canada, Manguel complique son idéal par une foule d'idées contradictoires. Le résultat, c'est un essayiste qui défend Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, face aux accusations de racisme portées par Chinua Achebe; puis offre une interprétation romantique de la carrière révolutionnaire de Che Guevara. Dans les deux cas, il met l'accent sur l'intégrité d'un certain type de littérature.
Manguel le lecteur est aussi Manguel le survivant: il appartient à cette génération de jeunes Argentins dont les grands intellectuels ont disparu en masse sous le régime des généraux. Un essai, dans lequel il raconte son initiation à la littérature et à l'amitié, à l'adolescence, grâce à un professeur passionnant et à la protection informelle de la romancière Marta Lynch, se termine par une succession d'atrocités:«Une autre amie, dont le nom semble aujourd'hui avoir disparu avec elle, si petite que la dernière fois que je l'ai vue elle paraissait âgée de douze ans alors qu'elle en avait seize, fut capturée au cours d'une rafle, enchaînée par les pieds à d'autres prisonniers et jetée d'un avion militaire dans le Río de la Plata. Le frère d'Estela, qui avait à peine quinze ans, disparut un après-midi alors qu'il se rendait au cinéma. Son cadavre fut déposé, dans un sac postal, sur le seuil de la maison de ses parents, si horriblement mutilé qu'il en était pratiquement méconnaissable.»
Manguel apprit par la suite que le professeur qu'il aimait tant - «Il nous connaissait tous si bien» - avait renseigné les escadrons de la mort.

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