S'identifier - S'inscrire - Contact

à propos de "Palabres"

Par larouge • Espedite Moacir Urbano • Dimanche 24/03/2013 • 0 commentaires  • Lu 690 fois • Version imprimable

 Palabres, de Urbano Moacir Espedite – éd. Attila

Publié le 05/05/2011 par Mikaël Demets
Palabres, c’est une sorte de roman d’aventures fourre-tout. Une bringue littéraire située entre Berlin et l’Amérique du sud, avec sur sa liste d’invités des nazis, un ex-militaire italien bedonnant, un peuple bizarre dont les femmes – belles à couper le souffle – attirent toutes les convoitises, un gamin monstrueux ou une poignée de religieux excités. Au programme : drogues, bordels moites, trafic de fiancées, mutinerie, mission impérialiste secrète et révolution prolétaire pacifique. Invraisemblable comme un bon vieux roman-feuilleton, débordant d’enthousiasme comme une série Z décomplexée, Palabres fait feu de tout bois, avivé par les dessins et les gravures de Donatien Mary, écarlates et tumultueux. Adapté en français, le portugnol de Urbano Moacir Espedite, syncrétisme bâtard de l’espagnol et du portugais, séduit par sa frénésie contagieuse.
 
Mais Palabres, c’est aussi un roman à la tonalité singulière. Au fil des rebondissements, les errances de cette bande mal assortie se nimbent d’une aura sinistre. Les éclats de violence, d’abord amusants et parodiques, dégénèrent : le sang appelle le sang, et la rage contamine les personnages pour lesquels on s’était pris d’affection. Le joyeux bazar ambiant se heurte à l’ambition, la cupidité, l’autorité. Brusquement désenchanté, Palabres prend des allures de conte à la lucidité amère, métaphore d’une humanité minée par les luttes de pouvoir, le racisme, la peur de l’autre, la religion. A moins qu’il ne faille y voir le symbole d’une Amérique latine trop souvent ravagée par les guerres civiles au XXe siècle.
 
Traduit du portugnol par Bérengère Cournut et Nicolas Tainturier, illustré par Donatien Mary, mars 2011, 244 pages.

source: http://laccoudoir.com/tag/urbano-moacir-espedite/


 

Archives par mois


liens amis