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à propos de "Luz ou le temps sauvage" (2)

Par larouge • Osorio Elsa • Vendredi 10/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 812 fois • Version imprimable

Une Argentine à la recherche de ses originespar Pascale FreyLire, novembre 2000
Luz ou le temps sauvageElsa OsorioMETAILIE
Depuis que Luz ou le temps sauvage a paru en Espagne, puis en Argentine, Elsa Osorio a reçu des dizaines de lettres adressées à son héroïne. Il faut bien reconnaître que ce magnifique roman sonne si juste qu'on en oublie qu'il s'agit d'une fiction. Buenos Aires, dans les années 70: les militaires ont pris le pouvoir, ils arrêtent n'importe qui pour un mot prononcé contre le régime et surtout, crime atroce, ils emprisonnent des femmes enceintes, les tuent et volent leurs bébés pour les donner à des couples proches du régime. Non contents d'avoir commis un tel forfait, ils le justifient comme un acte de bien public en prétendant que ces enfants ne sont pas coupables d'avoir de tels parents, et qu'il faut les leur enlever pour les élever dans une morale occidentale et chrétienne.
On évalue à cinq cents le nombre de nourrissons arrachés ainsi à leurs mères. Trois cents connaîtraient leur situation et seulement soixante-sept leur origine, grâce au courage notamment des fameuses grands-mères de la place de Mai qui ont tout mis en œuvre pour retrouver ces petits-fils et ces petites-filles qu'elles n'avaient jamais vus. C'est cette histoire que nous raconte aujourd'hui Elsa Osorio à travers l'attachant personnage de Luz. Auteur de scénarios, de nouvelles et de biographies, elle s'est lancée dans cette entreprise romanesque en 1996, vingt ans exactement après le coup d'Etat.
En 1975, Liliana, prisonnière politique, accouche d'une petite fille. Dès sa naissance, celle-ci est confisquée et destinée à remplacer le bébé mort-né de la fille d'un dignitaire de la junte. Luz mettra des années à comprendre qu'elle a été enlevée et à découvrir qui étaient ses véritables parents. Sa mère a été tuée peu de temps après sa naissance, son père, qui vit en Espagne, ignorait même son existence. Alternant les souvenirs de Luz et les témoignages de proches, la romancière Elsa Osorio construit son récit de telle manière que même si l'on connaît déjà beaucoup de choses sur la jeune femme dès les premières pages, on découvre peu à peu le drame de son existence: ignorer quelles sont ses origines, mais découvrir surtout que les gens que l'on a aimés pendant des années collaboraient avec la dictature.
Elsa Osorio, qui vivait à Buenos Aires à la même époque, a vu beaucoup de ses amis disparaître. Enceinte, elle aurait pu elle aussi faire partie de ces mères sacrifiées. Aujourd'hui elle n'a rien oublié. Elle n'a eu besoin de faire aucune recherche pour écrire son livre.
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