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à propos de "Les nuits de Flores"

Par larouge •  Aira Cesar • Jeudi 11/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 557 fois • Version imprimable

  • Currently 2/5

Note : 2/5 (1 note)

L'heure de la reconnaissance a enfin sonné pour l'écrivain argentin César Aira. Depuis bon nombre d'années, André Dimanche, vaillant éditeur établi à Marseille, a soutenu à bout de bras l'oeuvre prolifique et polymorphe (plus de soixante ouvrages allant du roman à l'essai en passant par le théâtre et la nouvelle, sans oublier un Dictionnaire des auteurs latino-américains ou une «tétralogie du lièvre»...) de ce passionné de Raymond Roussel et d'Arthur Rimbaud, donnant à lire au public français cinq de ses livres dont La guerre des gymnases (2000), Un épisode dans la vie du peintre voyageur (2001) et Le manège (2003). Découvert à la fin des années 1980 avec La robe rose parue chez Maurice Nadeau, César Aira revient aujourd'hui en force. André Dimanche, toujours lui, propose La princesse Printemps, un délicieux conte symbolique et surréaliste où l'on peut trouver un deuxième et même un troisième degré. Commis aux écritures de troisième classe, le Panaméen Varamo, héros éponyme du livre, se lance dans la rédaction d'un long poème après avoir touché sa paye, «une bulle dans le temps et dans sa biographie, sans suite ni antécédent». Publié sous la forme d'un livre quelques jours plus tard, Le chant de l'Enfant Vierge devient le chef-d'oeuvre célébré de la poésie moderne d'Amérique centrale. Aira se concentre sur les douze heures qui suivent la rétribution de Varamo avec deux faux billets de banque et mènent à l'achèvement dudit poème. A Colon, ville catholique jusqu'à la moelle, ce vieux garçon est à la recherche de l'amour. Son violon d'Ingres lui permet d'échapper à une existence «en général mélancolique et insatisfaisante». Taxidermiste amateur, Varamo affectionne les petits animaux, jusqu'à se lancer dans l'immortalisation d'un poisson en train de jouer du piano... Maître de l'allégorie, des faux-semblants, de l'humour, de la fantaisie et de l'ironie, César Aira devrait rencontrer une plus large audience. Il était temps !

Alexandre Fillon - Lire, novembre 2005  

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