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à propos de "Le dernier lecteur"

Par larouge • Piglia Ricardo • Dimanche 12/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 509 fois • Version imprimable

Nathalie Crom / Télérama 05/03/2008
Borges et Poe, Tolstoï et Joyce, Shakespeare et Kafka sont quelques-uns des auteurs que l'Argentin Ricardo Piglia convoque pour mener son "enquête sur la façon dont est représenté le lecteur dans la littérature".Une étude érudite et très spéculative, qui fait surgir la complexité de la relation entre le lecteur et le livre. En jeu, le rapport entre réel et imaginaire.



Patrick Amine / Art Press avril 2008
Les lecteurs disparaissent-ils au fur et à mesure que prolifèrent les livres? L'écrivain argentin Ricardo Piglia montre que chaque livre écrit, à travers le temps et l'histoire, invente de nouveaux lecteurs, de nouveaux modèles de lectures. La fiction ne dépens pas seulement de celui qui la compose mais aussi de celui qui la lit. [...] Il y a des écrivains qui ne flattent jamais le lecteur, non sans arrogance, ils l'inventent eux-mêmes, le provoquent ou le séduisent, ou font tout pour lui échapper. Ricardo Piglia est l'un deux, magnifiquement et profondément.


Premières pages difficiles, suite mitigée, lecture particulière… Ce n’est pas le genre d’ouvrage aux abords faciles. Dans un premier temps, on imagine un argumentaire sur ce que la lecture peut apporter à tout à chacun. On est loin du compte. L’entrée en matière est ardue… comme s’il avait fallu tout connaître de la littérature sud-américaine ou même russe à tel point que l’on se sent ignorant de tout. Parfois l’impression est telle que l’on s’y perd.

Et puis, au fil des pages, les personnages défilent… l’intitulé de l’auteur prend toute son ampleur. Dans chaque livre se cache un lecteur : le lecteur impassible se nourrissant de poésie, le lecteur impulsif qui dévore tout ce qui lui tombe sous la main… et tant d’autres tout aussi intéressants et que l’on veut suivre dans leur cheminement. Ricardo Piglia s’attache aussi à certains personnages ayant marqué l’histoire de la littérature. On passe ainsi des correspondances ambivalentes entre Kafka et sa toute première lectrice, de la relation qu’Ernesto Guevara entretenait avec la lecture puis de la place des héros fictifs face au monde du livre. À ce propos, une belle analyse de l’héroïne de Tolstoï, Anna Karenine, est à souligner.

Cependant, ce sont dans les histoires elles-mêmes que se cachent les différents types de lecteurs qu’affectionne tout particulièrement Ricardo Piglia: le lecteur qui cherche à modéliser sa vie comme dans les livres (Mme Bovary), le lecteur qui lit et ne comprend que trop mal (l’univers de Joyce), le lecteur qui réfléchit (Poe) ou encore celui qui médite (Hamlet).
Par ailleurs, Le Dernier Lecteur s’attache également au sens des mots, au souci de la langue, au choix du vocabulaire qui fait l’essence même du livre. Comment passer outre le problème parfois inextricable de la traduction d’une langue à une autre? Comment véhiculer toute cette émotion, les sens, l’atmosphère qui fait tout le succès d’une histoire dans une autre culture? C’est là une question qui méritait particulièrement tout un chapitre au travers les oeuvres de Joyce.

Malheureusement, cet ouvrage est difficile d’accès. Une écriture souvent lourde (serait-ce dû à la traduction?) contribue à plomber le propos. L’impression qui en est retirée consiste en cet insoutenable retour à des études de textes cherchant à expliquer la construction des oeuvres littéraires. Ceci vous remémore certainement des cours de français où l’on cherchait à faire parler des auteurs depuis longtemps disparus à travers leurs écrits.

 Finalement, Ricardo Piglia s’attache à démontrer que toute lecture est personnelle, chacun s’y forge une opinion, y développe un système de pensée. Belle conclusion à notre époque où la mode tend à classer les nouveaux écrits dans le tout blanc ou le tout noir.
http://www.actualitte.com

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