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à propos de "La bête des diagonales"

Par larouge • Ponce Nestor • Dimanche 28/03/2010 • 0 commentaires  • Lu 906 fois • Version imprimable

Puisque Buenos Aires est la capitale de l'Argentine, il faut une capitale à la Province de Buenos Aires. De cet axiome naît, à la fin du XIXème siècle, la ville de La Plata.

 

Le 19 novembre 1882, la première pierre de la ville de La Plata est posée. Le roman s'ouvre sur la cérémonie, et sur la malédiction : "Cette ville avait voulu naître pour un destin grandiose, mais elle avait en réalité vu le jour sous le signe du malheur".

 

Dans cette ville surgie du néant, dans "cette ville qui n'avait pas connu d'enfance", des meurtres vont avoir lieu, on y tue des femmes et une petite fille, on a affaire à un serial killer dans la plus pure tradition romanesque.

 

La bête des diagonales est un roman policier. Et il est hors de question de dévoiler ici quoi que ce soit de l'intrigue, du déroulement de l'enquête, du dénouement. Parce qu'il y a un vrai plaisir de lecteur à se plonger dans cette histoire, à tenter d'en démêler les fils, à se laisser surprendre.

 

Mais La bête des diagonales n'est pas qu'un roman policier. Un de ses principaux intérêts tient à la reconstitution historique minutieuse, les personnages (réels pour la plupart) y jouent leur rôle avéré. L'auteur précisait, dans une rencontre organisée à Lyon en Octobre 2007 lors du Festival des Belles Latinas, que des pans entiers de dialogues étaient véridiques, qu'il avait puisé une bonne partie de sa documentation dans les articles de l'époque. Dans l'édition française, un lexique des noms propres vient éclairer le lecteur sur la véracité des personnages (personnages dont, en France, nous ne savons pas grand-chose, avouons-le).

 

Mais si la reconstitution historique est minutieuse, elle est aussi farceuse : Néstor Ponce "s'arrange" avec les dates, par exemple en créant le couple Pettoruti/Mora. (Précisons, à toutes fins utiles, que le peintre argentin Emilio Pettoruti est né en 1892 et mort en 1971, et que la sculptrice Lola Mora est née en 1866 et morte en 1936). Cet "arrangement" historique sert le roman, pas seulement l'intrigue elle-même, il permet de mettre au jour l'ambiance artistique de l'époque, les aspirations de cette jeunesse "fin de siècle" sûre d'elle et de son talent.

Un plan diabolique


Allez voir la ville de La Plata sur Google Earth : c'est fascinant. Le dessin du plan tient de l'écusson amoirié et de la tapisserie au petit point. En réalité, le plan de la ville est entièrement symbolique, crypté, secret. Il est l'œuvre de Pierre Benoît, architecte argentin né en 1836, qui, avant La Plata, avait construit des ponts et des églises. Pierre Benoît fut initié à l'âge de 22 ans à la franc-maçonnerie et pour l'élaboration du plan de La Plata, il s'entoura d'équipes composées elles aussi de francs-maçons. La Plata est donc bâtie sur une géométrie sacrée, souterraine.

 

Mais La Plata est aussi le fruit des idées en vigueur à la fin du XIXème siècle : "il fallait que le tracé de la nouvelle ville soit aussi moderne que celui des capitales les plus récentes, mais en prenant garde que le projet soit adapté au climat local. On insistait sur l'hygiène et la beauté des rues et des places. Quelque part figurait le mot "scientifique" et priorité était donnée à l'extension de la ville et à la santé publique".

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source: cle.ens-lsh.fr/13941627/0/fiche___pagelibre/
 

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