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à propos de "L'année où le lion s'est échappé"

Par larouge • Sampayo Carlos • Lundi 20/07/2009 • 0 commentaires  • Lu 841 fois • Version imprimable

 
L'année où le lion s'est échappé (Métailié, 2004) Buenos Aires, 1957. Peron a été chassé du pouvoir, il y reviendra, mais pour l'instant les militaires ont mis en place un gouvernement d'exception. Leon Ferrara est un pickpocket efficace et effacé, qui ne vole que le strict nécessaire qui lui permet de loger dans une modeste pension de famille, et d'aller danser le tango tous les samedi soir. Il partage tous les soirs ses repas avec sa logeuse et les autres pensionnaires : Marta, femme plus toute jeune qui désespère de se caser, Walther, un étranger correct mais secret, et l'adjudant Larrañaga, flic brutal et grossier. Jusqu'au jour où Walther, qui semble tout savoir de lui, l'oblige à voler le portefeuille d'un autre étranger, en le menaçant de le dénoncer à la police s'il refuse. C'est le début d'une aventure qui le dépasse totalement et le terrifie. Pendant ce temps, le lion qui s'est échappé du cirque occupe les gros titres de toute la presse, une milice tue dans les rues voleurs et prostituées, les russes envoient Spoutnik dans l'espace, et à Cuba, on raconte qu'un médecin argentin participe à la révolution menée par un jeune avocat du nom de Castro.
Voilà un roman envoûtant couleur sépia qui, sans effets et sans frime est finalement beaucoup plus riche qu'il n'y paraît. Il laisse une impression de mélancolie souriante, comme ces vieilles photos, où l'on ne reconnaît pas tout le monde, et où certains personnages sont devenus des légendes. Ici, pour le lecteur français, les références argentines sont difficiles à suivre. La période qui a suivi le premier gouvernement de Peron est beaucoup moins connue que celle du coup d'état et de la guerre sanglante de la junte de Videla. Les références étrangères, captées par les protagonistes de l'histoire via la radio (lancement de Spoutnik, début de la révolution cubaine avec un Che Guevara encore inconnu) sont, elles, devenues des mythes. Au détour d'une histoire qui commence sur un rythme nonchalant pour s'accélérer jusqu'à l'emballement final, Sampayo nous parle des traumatismes liés à la guerre, de la corruption, de la montée d'un totalitarisme sécuritaire (tient tient), de la solitude, et de l'amour.
Jean-Marc Laherrère
merci à: http://www.mauvaisgenres.com/
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Mon avis

L'année où le lion s'est echappé de Carlos Sampayo
Voilà un livre, pour moi, jubilatoire sur le Buenos Aires de mon adolescence.
En effet, Peron a été chassé du pouvoir en 1955 et les années suivantes furent des années d'incertitude.
tout et son contraire pouvait se passer à Buenos Aires.
j'ai suivi les aventures imposées au pickpocket LEON Ferrarra avec impatience. de la même curiosité j'ai suivi le destin du LEON (lion) qui s'est echappé et qui a érré dans et autour de la Capitale en même temps que le destin jouait avec Leon Ferrarra. tout s'entremêle entre la chasse du pickpocket et la chasse au lion. et en fait nous nous retrouvons avec ce qu'a l'époque était très courant et souvent recompensé de succès: la chasse aux ex-dirigeants nazi. rappellez-vous de l'affaire Eichmann.


(Eichmann: (1906-1962) Fonctionnaire allemand, membre de la SS, il dirigea le bureau des Juifs à la Haute Sécurité du Reich, et fut chargé de l'extermination de tous les Juifs d'Europe (Solution finale). En 1945, il se réfugia en Argentine, mais fut retrouvé par des agents israéliens en 1960 et ramené en Israël. Après un long procès à Jérusalem, il fut pendu en 1962)

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