S'identifier - S'inscrire - Contact

à propos de “ce que la nuit raconte au jour”

Par larouge • Bianciotti Hector • Lundi 15/06/2009 • 0 commentaires  • Lu 729 fois • Version imprimable

Auteur : Hector BIANCIOTTI
Titre:Ce que la nuit raconte au jour
Editeur:Le Livre de Poche, 9770
Année de parution:1994
Nombre de pages:274
Résumé
Presque quarante ans après son départ de l’Argentine, Hector Banciotti se souvient des premières vingt-cinq années qu’il a vécues dans son pays natal. Il est né, en 1930, le sixième de sept enfants d’une famille de paysans dont les parents avaient quittés le Piémont pour défricher la grande plaine argentine. Les premiers souvenirs de Hector Banciotti remontent à l’âge de six ans, lorsqu’il commence à découvrir son petit monde encore bien fermé. C’est avant tout la grand-tante Pinotta, une vieille femme bien étrange, qui exerce une grande fascination sur le petit garçon. En même temps, il décrit la vie simple et laborieuse de ses parents et de ses frères et soeurs mais aussi les quelques événements exceptionnels qui font sortir la famille de leur vie quotidienne. A l’âge de sept ans, le garçon devient le bouvier de la famille, et, initié par un autre garçon, il s’adonne, dans la solitude de la plaine, à jouir de sa sensualité. A cette époque de sa vie, il découvre également la musique et, à l’âge de neuf ans, il va pour la première fois au cinéma d’où il sort tout-à-fait émerveillé. Pour lui donner une éducation scolaire, ses parents l’envoient à Villa del Rosario chez les Salésiens. Contre la volonté de ses parents, le garçon décide d’entrer au séminaire où il peut poursuivre sa passion pour la littérature et la musique. Plus qu’une amitié ordinaire le lie à un autre séminariste. Mais reconnaissant qu’il ne peut pas se vouer à l’église, il quitte le séminaire à l’âge de dix-huit ans et retourne pour quelques mois chez ses parents. Dans la petite ville, il travaille comme employé de bureau. Restant ensuite quelques temps à Cordoba, où il fait partie d’un groupe de jeunes intellectuels, il gagne enfin Buenos Aires. Après les premières misères, il y vit le bonheur de l’amour, mais, de cette ville, il garde avant tout le souvenir de la peur. C’est la dictature péroniste qui intimide les gens, et le jeune homme doit découvrir que son meilleur ami est un des mouchards. Pour se faire pardonner, celui-ci lui procure un billet de bateau, et le départ pour l’Europe promet une nouvelle vie. Biographie Hector Bianciotti est né le 18 mars 1930, en Argentine, dans la plaine de la province de Cordoba. Ses parents étaient tous deux originaires du Piémont. Il fut séminariste, employé de bureau, publia des poèmes ici et là, et, passionné de théâtre , voulut s’y consacrer. Il quitta son pays en 1955. Il vécut à Rome et, ensuite, pendant quatre ans à Madrid. Il arriva à Paris en février 1961, travailla comme assistant pour des spectacles d’opéra. Et lecteur d’édition, il renoua vite avec la littérature. Il publia, traduit de l’espagnol par Françoise Rosset quatre romans et un recueil de nouvelles: chez Denoël, dans la collection “les Lettres Nouvelles”: Les Déserts dorés (1967); Celle qui voyage la nuit (1969); Ce moment qui s’achève (1972); chez Gallimard: Les autres, un soir d’été (théâtre, 1970) Le Traité des saisons (1977, Prix Medicis étranger) et L’Amour n’est pas aimé (1982, Prix du Meilleur Livre étranger). Dans ce recueil, une nouvelle était écrite directement en français. Chroniqueur littéraire, en français, à la Quinzaine littéraire d’abord, entre 1969 et 1975, et depuis 1972, au Nouvel Observateur, vers 1980, en dépit des efforts des efforts qu’il fit pour préserver sa langue maternelle, pour ses ouvrages de fiction, de manière insensible, il changea de langue. Aussi écrit-il en français depuis Sans la miséricorde du Christ (Gallimard 1985, Prix Femina). Chez le même éditeur, il a publié en 1989 Seules les larmes seront comptées. En décembre 1989, il renonça à ses fonctions d’attaché à la direction littéraire chez Gallimard pour devenir auteur et membre du comité de lecture des éditions Bernard Grasset. Depuis septembre 1986, il est chroniqueur littéraire au journal Le Monde. Ce que la nuit raconte au jour a obtenu le Prix Littéraire Prince Pierre de Monaco. Hector Bianciotti a été élu membre de l’Académie française en 1996.
 
Extrait:
A l’âge de douze ans, le garçon entre au séminaire:
Lorsque, précédé de frère Salvador, je passai le seuil séparant le monde de la clôture, je crus que du plus haut le Ciel m’accordais la bienvenue: au moment où les lourds vantaux se refermaient derrière moi, et que les voûtes de la galerie à colonnes encadrant le jardin répondaient en écho à mes chaussures neuves, d’une cellule s’échappait, louée au piano, la musique que naguère, j’avais tenté de retenir, et dont la perte me chagrinait toujours. Je saurais, ce jour-là, qu’il s’agissait de l’andante de la sonate dite “au clair de lune”. Interloqué, frère Salvador, que j’interrogeais avec angoisse, de peur que la mélodie ne reparte à jamais, interrompit l’exécutant - qui deviendrait, bientôt, mon maître de solfège. Le père Rodriguez était un homme très grand et, de manière uniforme - sans abdomen en saillie à l’époque, ni double menton -, en apparence plus massif que gras. Des doigts aussi courtauds que les siens, au bout aussi large que les touches blanches du piano, je n’en avais jamais vu à la campagne où, les mains, outils ancestraux, souvent trop longues ou trop larges, ne se développent guère en proportion avec le corps. En fait le jeu au piano du Père consistait en un martèlement consciencieux qui, ses doigts manquant d’agilité, abattait les notes de manière très distincte; et même à l’harmonium, ses mais donnaient l’assaut au clavier en y mettant un poids superflu puisque l’intensité de la frappe ne saurait en rien renforcer les modestes possibilités de cet instrument au son gluant, plus d’accordéon que d’orgue. Or, ce jour-là, mon émotion et mon ignorance jouant de concert, dissimulé sous une solide opulence, le père Rodriguez fut le messager céleste qui, sans le soupçonner, me rendait l’un de mes tout premiers trésors. (…) Hector Bianciotti, Ce que la nuit raconte au jour

© http://mneia.org/biling/clf/f_auteur/f_bianc.htm

une video est disponible ici: http://www.babelio.com/auteur/Hector-Bianciotti/2698

Commentaires


Archives par mois


liens amis